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Anne de France : art et pouvoir en 1500

À la fin du mois de mars se tiendra un colloque international autour d’Anne de France et de la cour qu’elle créa à Moulins à la fin du XVe siècle. Fille de roi, soeur de roi et régente, elle fut un personnage clé de la commande artistique à la fin du Moyen Âge.

Anne de Beaujeu, Triptyque de la Vierge à l'Immaculée Conception, Jean Hey, cathédrale de Moulins

Anne, fille de Louis XI, épouse en 1474 Pierre de Beaujeu, de vingt ans son aîné. Troisième fils du duc de Bourbon, Pierre n’est pas censé hériter du titre, mais après la mort de ses deux frères aînés Jean II et Charles en 1488,  il prend la tête du duché.

Pierre de Beaujeu, Diptyque, Jean Hey, 1492-1493, Musée du Louvre

Depuis cinq ans, les Beaujeu sont également les régents du royaume : à la mort de Louis XI, le futur Charles VIII n’a que treize ans et demi. C’est alors Anne et Pierre qui administrent le royaume. Malgré leur charge nécessitant une présence régulière à la cour, ils s’installent à Moulins, capitale du Bourbonnais et ne s’absentent que rarement de leurs nouvelles terres. Ils y créent une véritable cour, attirant de nombreux artistes comme le fameux « maître de Moulins ». Identifié comme étant Jean Hey, ce peintre originaire des anciens Pays-Bas était d’abord au service de Charles, archevêque de Lyon et frère de Pierre de Beaujeu. En 1488 il rejoint alors logiquement la cour de ce dernier et peint pour lui sa plus célèbre oeuvre : le triptyque de Moulins, vers 1496-1497.

Triptyque de la Vierge de l'Immaculée Conception, Jean Hey, vers 1496-1497, cathédrale de Moulins

Parmi les artistes sollicités par les Beaujeu, Jean Hey est assurément l’un des favoris du couple régent, qui à ce titre emploie également le « peintre du roi » Jean Bourdichon. Ils lancent également de grandes campagnes de travaux au château de Moulins, mais également à la cathédrale de Lyon (à la chapelle des Bourbons), à la Sainte-Chapelle de Bourbon-l’Archambault ou encore à la collégiale de Moulins. Entre leur arrivée dans le bourbonnais et l’avancée des travaux, le langage architectural se modifie et les Beaujeu introduisent progressivement les formes de la Renaissance dans leurs commandes, notamment grâce au retour d’Italie de Charles VIII (le frère d’Anne, devenu majeur et donc roi).

Pavillon Anne de Beaujeu, château ducal, Moulins

Ce colloque mettra ainsi en lumière une des actrices majeures de la commande de son temps, maintenant une activité artistique d’envergure entre le règne de Louis XI et celui de Charles VIII. Articulé autour de deux journées : « Anne de France, femme de pouvoir » et « Le mécénat féminin autour de 1500 », il sera accompagné des visites du Musée de la Visitation, du pavillon Anne de Beaujeu et de l’incontournable triptyque de Moulins.

Anne de France, art et pouvoir en 1500, 30 et 31 mars, Chapelle de l’hôtel de Paris, Moulins. Voir le programme.

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