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Bologne et le pontifical d’Autun

Mercredi 12 septembre, le musée Rolin d’Autun dévoilera son fameux pontifical lors d’une exposition dédiée à ce chef-d’oeuvre enluminé du trecento. « Fameux » car sa redécouverte avait alors fait grand bruit : en 2007, ce manuscrit est aperçu dans les archives de Saône et Loire par l’ancien chancelier du diocèse. Dès lors il souhaite l’exposer lors des journées du patrimoine, pendant lesquelles l’ouvrage est repéré par Brigitte Maurice-Chabard, conservatrice du musée Rolin d’Autun. Elle fait appel à la BnF afin de l’expertiser et le verdict tombe, il s’agit d’un manuscrit réalisé entre 1330 et 1340 à Bologne, par des intervenants tous bien identifiés.

Pontifical d’Autun ©le Journal de Saône et Loire

Parvenu jusqu’à nous dans un état exceptionnel de conservation, l’ouvrage présente de nombreuses enluminures qui en font à l’heure actuelle un remarquable témoignage de l’art bolonais du trecento. Il s’agit d’un pontifical romain, soit un livre où sont rassemblées les formules et les cérémonies des fonctions réservées à l’évêque. Utilisé par les plus hauts dignitaires de l’église romaine, ce recueil se compose en majeure partie d’une suite de rituels liturgiques accompagnant différentes cérémonies (ordinations, sacres, bénédictions…)

Ordination de l’exorciste – Pontifical d’Autun ©Musée Rolin

Cette destination bien spécifique a été utilisée par les enlumineurs, qui évoquent à travers leurs illustrations ces solennités ponctuant la vie ecclésiale. Une part importante est accordée aux bénédictions, largement représentée dans les initiales historiées. Elles sont le fruit de trois artistes bolonais bien distincts : le maître du pontifical d’Autun, qui a sans doute eu la charge de coordonner l’intégralité de l’illustration du manuscrit, le second maître et le maître du Décret de Gratien. Alors que l’enluminure bolonaise est marquée par la production de Jacopino da Reggio et ses formes byzantinisantes, les auteurs du pontifical d’Autun s’en démarquent totalement et s’ouvrent à la leçon naturaliste de Giotto.

Rituel de l’ordination d’un clerc – Pontifical d’Autun ©Musée Rolin

 Qui en fut le commanditaire? L’invocation à saint Geminiano a permit de relier ce manuscrit à deux évêques de Modène en lien avec l’université de Bologne : Bonifacio de Modène et Alamanno de Donati. Il s’agit d’un des rares exemples de pontifical enluminé à Bologne dans la première moitié du XIVe siècle, la production étant alors tournée vers la réalisation de manuscrits juridiques.

Couronnement de la Vierge – Vitale da Bologna, vers 1340-1345 ©Louvre

Cette exposition, reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication, est la première d’une série de cinq expositions inscrites dans une convention d’échanges culturels passée entre la ville d’Autun et le Louvre. Autour du pontifical et de sa découverte, le musée Rolin propose au visiteur de s’immerger dans la Bologne du XIVe siècle, à travers ses artistes mais aussi son université. L’exposition abordera également les différents rituels liturgiques illustrés dans le manuscrit, qui sera consultable à la fois sous la forme d’un feuilletoir numérique et projeté à plus grande échelle permettant une lecture des détails.

Bologne et le pontifical d’Autun – chef-d’oeuvre inconnu du premier Trecento, 1330-1340, Musée Rolin, Autun, du 12 septembre au 9 décembre 2012.

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  1. By Bologne et le pontifical d'Autun | On dit médiéval, pas moyenâgeux ! | patrimoine et archéologie Wallonie-Bruxelles-Belgique-Europe | Scoop.it 12 septembre 2012 at 9 h 35 min

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