Saint Marc prêchant, ivoire, VIIe siècle, Est méditerranéen/ Egypte © 2012 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

« Byzance & Islam – l’âge de transition » au Met

Depuis le 14 mars, Byzance s’invite au Metropolitan Museum de New York. Dans une exposition consacrée plus précisément aux liens entre Byzance et l’Islam, le Met met en lumière près de deux siècles d’art religieux et profane, entre le VIIe et le IXe siècle. Au carrefour des pèlerinages juifs et chrétiens, en pleine émergence de l’Islam, la production de l’empire byzantin en reflète la grande diversité.

Saint Marc prêchant, ivoire, VIIe - VIIIe siècles, Est méditerranéen/ Egypte © Courtesy Civiche Raccolte d’Arte Applicata—Castello Sforzesco, Milan

La première partie de l’exposition révèle justement cette variété de religions, dans un empire aussi vaste, dominé au VIIe siècle par les chrétiens. L’art illustre parfaitement la présence de ces différentes communautés, et aussi leurs échanges. Les églises orthodoxes, coptes égyptiennes, syriaques se trouvaient surtout dans le sud de l’empire. Celles-ci étaient assez prospères, comme le montre le fameux trésor Attarouthi, du nom de la ville inscrite sur celui-ci, composé d’objets liturgiques en vermeil richement décorés.

Calice, figure du Christ (détail), argent et argent doré, Attarouthi, Syrie © The Metropolitan Museum of Art, New York

Le judaïsme est lui aussi très bien représenté dans la production artistique, notamment dans les provinces méridionales. Plats liturgiques, grandes mosaïques, fragments de jubés, manuscrits : les scènes trouvent de multiples supports.

Plat liturgique, David contre Goliath, argent, 630, Constantinople © The Metropolitan Museum of Art, New York

La question cruciale des images et la vénération des idoles est à l’époque un débat très intense entre les diverses communautés religieuses de la région, visible dans plusieurs manuscrits et mosaïques exposés, aux formes non figuratives. L’utilisation de créatures vivantes dans la représentation artistique est alors au coeur des préoccupations.

Pyxide, VIIe - VIIIe siècle, Syrie ©V&A Images / Victoria and Albert Museum, London

La seconde partie de l’exposition est consacrée au commerce. L’empire byzantin est en effet traversé par de grandes routes marchandes où hommes, oeuvres, styles et formes ne échangent sans cesse. Les produits commerciaux : soieries, textiles, ivoire, orfèvrerie sont encore les témoins des diverses influences qui balaient alors le sol byzantin. Peu à peu, l’émergence de la nouvelle religion musulmane se ressent, notamment dans les différentes monnaies qui circulent dans l’empire.

Pendentif avec Aphrodite Anadyomene, VIIe siècle, Est méditerranéen ©Byzantine Collection, Dumbarton Oaks, Washington, D.C.

Enfin l’exposition s’achève avec les arts de la nouvelle élite musulmane, à la fois laïques et religieux, et notamment l’intérêt pour la calligraphie, l’une des caractéristiques de cet art islamique. Des pièces exceptionnelles sont ainsi présentées, parmi les plus beaux manuscrits coraniques comme ce folio peint à l’or sur une feuille teintée d’indigo, datant du milieu du Xe siècle.

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Tout au long du parcours, le visiteur va ainsi découvrir l’évolution des préoccupations, la transformation d’un empire chrétien en un empire musulman à travers un savant mélange d’objets du quotidiens et de pièces exceptionnelles.

« Byzance & Islam : age of transition« , Metropolitan Museum of Art, New York, du 14 mars au 8 juillet 2012

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