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« Cerca, trova » – sur les traces de la fresque perdue de Léonard de Vinci

Léonard de Vinci est au coeur de l’actualité : après les récentes découvertes sur la Joconde, c’est au tour de la fameuse fresque perdue de La bataille d’Anghiari de faire la une.

Cavaliers, étude pour La bataille d’Anghiari, Léonard de Vinci, 1503-1506 ©British Museum

En 1504 Piero Soderini, haut dignitaire de la République de Florence, commande à Léonard une fresque pour la salle des 500 au Palazzo Vecchio. En compétition avec Michel-Ange, qui réalise au même moment La bataille de Cascina, il expérimente alors une nouvelle technique de peinture murale afin d’en accélérer le séchage. Malheureusement, le résultat est sans appel : la fresque se délabre avant même qu’elle soit terminée. Léonard quitte Florence en 1506, laissant derrière lui une oeuvre inachevée. La bataille d’Anghiari est rapidement considérée par ses contemporains comme un chef-d’oeuvre : circulent de nombreuses copies, dont celle, tardive de Rubens d’après un dessin de Léonard

La bataille d’Anghiari, Paul Rubens, entre 1600 et 1608, ©Louvre
La bataille d’Anghiari, Paul Rubens, entre 1600 et 1608, ©Louvre

En 1563, à la demande de Cosme Ier de Médicis, Giorgio Vasari est sollicité pour peindre sur le travail de Léonard, une fresque sur La bataille de Marciano qui est toujours visible au Palazzo Vecchio. L’hypothèse qu’il ait conservé l’oeuvre du maître, pour lequel il témoigne d’ailleurs beaucoup d’admiration dans ses écrits, est rapidement adoptée par de nombreux historiens d’art. D’ailleurs Vasari avait déjà préservé un chef-d’oeuvre de Masaccio, La Trinité à Santa Maria Novella, en refusant de le recouvrir par une de ses fresques.

En 1975, Carlo Pedretti assisté de Maurizio Seracini découvrent sur la peinture de Vasari, l’inscription « Cerca, trova » (cherche, trouve), qui est tout de suite interprétée comme un indice de la présence de l’oeuvre de Vinci sous celle de Vasari. Près de quarante ans plus tard, M. Seracini pourrait peut être le prouver. En introduisant des sondes et micro-caméras dans l’oeuvre de Vasari, il a trouvé la trace d’une peinture noire déjà utilisée dans d’autres peintures de Léonard. Ces recherches ont également mis en évidence la présence d’un autre mur, placé derrière l’actuel, sur lequel les sondes ont trouvé de la laque rouge et de la peinture marron.

Palazzo Vecchio, mur est

Ces résultats, encourageants, sont néanmoins le sujet d’une forte polémique : l’introduction de micro-sondes au sein de la fresque de Vasari n’aurait-elle pas endommagé l’oeuvre du maître? Une pétition signée par de nombreux historiens d’art essaie d’empêcher Maurizio Seracini de dégrader plus encore la fresque de Giorgio Vasari. On ne peut s’empêcher de s’interroger sur l’état de la peinture de Léonard, si elle est bien derrière ce mur. Si en 1506 elle se dégradait déjà, qu’en est-il 500 ans plus tard? Le jeu en vaut-il la chandelle? Les prochains jours le diront peut être.

Source : AFP.

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  1. By - 27 août 2012 at 12 h 09 min

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