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Chef-d’oeuvre textile : le parement des Cordeliers à Toulouse

Il ne reste plus que quelques semaines pour visiter l’exposition du Musée Paul Dupuy à Toulouse, dédiée à l’une de ses plus belles pièces : un parement d’autel du XIVe siècle.

Parement d'autel des Cordeliers, XIVe siècle, Musée Paul-Dupuy, Toulouse

Un parement d’autel est un élément de décor amovible, servant à couvrir non seulement la face, mais aussi les côtés et parfois le dos d’un autel. Long de 2 mètres 67, il représente en 26 scènes la vie du Christ dans un décor savamment ordonné de petits médaillons. Le vide n’a pas sa place sur cette oeuvre, et des figures de saints s’intercalent entre lesdits médaillons. Parmi eux, une importance particulière est accordée à saint François, fondateur de l’ordre des cordeliers (nom donné aux franciscains), commanditaires du parement.

Les saintes femmes au tombeau - Parement d'autel des Cordeliers, XIVe siècle, Musée Paul-Dupuy, Toulouse

Ces frères mineurs arrivent à Toulouse en 1222 et fondent un couvent dont il subsiste aujourd’hui la salle capitulaire, le haut clocher et un fragment de l’église. Nous sommes alors en pleine « croisade des albigeois », en pleine lutte de l’Église catholique contre l' »hérésie » cathare.

L'ancienne église des Cordeliers, Toulouse

Peu à peu, après la fin de ces temps mouvementés, la ville de Toulouse va retrouver une stabilité politique, économique et religieuse. Les frères mendiants prennent de plus en plus d’importance et commandent de nouveaux bâtiments monastiques qui fleurissent alors dans – ou à l’extérieur- de la ville (les Jacobins, les Carmes ou encore les Augustins). Le parement des Cordeliers est un des rares vestiges du mobilier intérieur de ces édifices. Brodé de soie et d’or, il est le témoin du faste employé au sein de ces édifices.

Vestige de l'entrée de l'église des Cordeliers, Toulouse

Il existe peu d’autres parements médiévaux en tissu : le plus connu est celui dit de Narbonne, conservé au Musée du Louvre. Seule pièce subsistante d’une chapelle commandée par Charles V, il est exécuté entre 1375 et 1378. Contrairement à celui de Toulouse, le parement de Narbonne est destiné à être placé sur l’autel, de la même manière qu’un retable. Peint en lavis d’encre noire sur une fine soie, il représente également les scènes de la vie du Christ, notamment celles de la Passion.

Parement de Narbonne, attribué à Jean d'Orléans, 1375-1378, Musée du Louvre, Paris

Le parement d’autel des Cordeliers de Toulouse : anatomie d’un chef-d’oeuvre du XIVe siècle, Musée Paul-Dupuy, Toulouse, du 16 mars au 18 juin 2012

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  1. By Chef-d'oeuvre textile : le parement des Cordeliers à Toulouse | Tissu d'ameublement, art textile et papier peint de luxe | Scoop.it 6 décembre 2012 at 11 h 16 min

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