Saint-Géraud d'Aurillac © 2013 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Découverte archéologique à Aurillac

À l’occasion de fouilles préventives dans le quartier de l’abbatiale Saint-Géraud à Aurillac, les archéologues ont découvert les vestiges exceptionnels du monastère qui encadrait l’église.

Chantier de l'îlot Saint-Géraud d'Aurillac, vestiges de l'ancien monastère du XIe siècle; ©La Montagne / MARSILHAC Thierry
Chantier de l’îlot Saint-Géraud d’Aurillac, vestiges de l’ancien monastère du XIe siècle; ©La Montagne / MARSILHAC Thierry

Il ne s’agit pas de n’importe quelle abbaye dans le monde médiéval : fondée par le comte Géraud d’Aurillac à la fin du IXe siècle, elle possède à l’époque une grande indépendance. Son fondateur fait en sorte que son domaine soit exempt de toute juridiction épiscopale : ainsi le monastère est directement placée sous la tutelle pontificale. À l’instigation de deux de ses abbés, : Odon de Cluny puis Arnulphe, l’abbaye devient rapidement un centre intellectuel de premier ordre, qui comprenait une école de théologie, de grammaire et de musique. Au Xe siècle, elle accueille Gerbert, un enfant d’une douzaine d’années environ, qui sera connu plus tard comme Sylvestre II, le pape de l’an mil.

Sylvestre II, Evangéliaire d'Otton III, vers 1000 ©Munich, Bayerische Staatsbibliothek, Clm 4453
Sylvestre II, Evangéliaire d’Otton III, vers 1000
©Munich, Bayerische Staatsbibliothek, Clm 4453

Aujourd’hui, les bâtiments exhumés correspondent non pas à la première campagne de construction, aux premiers édifices en bois fondés par Géraud d’Aurillac, mais à ceux bâtis sur leurs vestiges, en pierre, à la fin du XIe siècle. Réfectoire, dortoir et scriptorium apparaissent autour d’une partie du cloître selon une formule bien connue dont la plus ancienne occurrence n’est autre que le plan de Saint Gall au IXe siècle. Ce sont les bâtiments conventuels, lieux de vie des moines qui s’organisent autour du cloître, élément central du complexe monastique.

La renommée de l’abbaye, connue pour avoir été le modèle de Cluny, rend cette découverte tout à fait attrayante mais le caractère exceptionnel revient à la qualité de ces vestiges. Alors qu’à Cluny ne subsistent que des fondations, ici ce sont de véritables élévations d’un à deux mètres (murs, colonnes et voûtes) qui ont été mises au jour. Commencés il y a quelques semaines seulement, les travaux de terrassement seront bientôt terminés et laisseront la place à des recherches plus minutieuses et à une investigation scientifique.

Chantier de l'îlot Saint-Géraud d'Aurillac, vestiges de l'ancien monastère du XIe siècle; ©La Montagne / MARSILHAC Thierry
Chantier de l’îlot Saint-Géraud d’Aurillac, vestiges de l’ancien monastère du XIe siècle; ©La Montagne / MARSILHAC Thierry
Chantier de l'îlot Saint-Géraud d'Aurillac, vestiges de l'ancien monastère du XIe siècle; ©La Montagne / MARSILHAC Thierry
Chantier de l’îlot Saint-Géraud d’Aurillac, vestiges de l’ancien monastère du XIe siècle; ©La Montagne / MARSILHAC Thierry

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