Etude pour une sainte Vierge - Albrecht Dürer, 1503 © 2012 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Des hommes & des oeuvres – nouveau cycle de conférences à la BnF

La BnF est l’un des acteurs marquant de cette nouvelle année 2012 : avant l’ouverture du volet français de l’exposition « miniatures flamandes » (en mars), elle ouvre un cycle de conférences consacrées aux collections du site Richelieu. Afin de renouveler les approches, les thématiques varieront selon les saisons. « La thématique retenue pour le premier cycle est celle des grandes donations qui ont contribué à façonner les départements, à écrire l’histoire de la BnF et de la bibliothèque de l’INHA » – C. Georgel.

C’est en effet en association avec l’Institut National d’Histoire de l’Art que chaque mois, seront mises en valeurs des pièces conservées dans les collections de la Bibliothèque et de l’Institut, généralement méconnues. La première des conférences, mi – janvier, sera dédiée au collectionneur d’estampes Michel de Marolles, qui donna à la Bibliothèque un dessin de Dürer « Etude pour une Sainte Vierge ».

Etude pour une sainte Vierge - Albrecht Dürer, 1503 - BnF

Daté des environs de 1503, ce dessin fut réalisé dans son atelier de Nuremberg et fait partie de l’abondant corpus légué par l’artiste. Il s’agit ici d’un dessin préparatoire à un tableau religieux, peint à la détrempe sur toile, technique utilisée par le peintre italien Andrea Mantegna, qu’il a pu observer lors de son premier voyage à Venise à la fin du XVe siècle. L’identification précise du sujet de l’étude fait débat, mais on admet aujourd’hui qu’il s’agit sans doute d’une sainte Vierge, qui présente des similitudes avec une « Tête de la Vierge aux yeux baissés » dessinée ces années là. L’attribution à Dürer est confirmée par la présence du célèbre monogramme, révélé par une photographie à l’infrarouge absolument identique à celui présent sur trois dessins réalisés autour de 1503.

Tête de jeune homme, Albrecht Dürer, vers 1503-1506, BnF

Entre Renaissance italienne et gothique tardif des écoles du Nord, marqué par une facture très réaliste, Dürer est un artiste majeur dans une période de transition aux bouleversements majeurs pour l’histoire de l’art. La conférence du 17 janvier mettra en avant l’intérêt que lui portait l’abbé de Marolles,  qui acheta plusieurs de ses dessins. L’étude de ces séries, et plus largement de la collection Marolles, met en lumière une étape cruciale dans la constitution du fonds de la BnF puisque son acquisition par Colbert marque la création du Cabinet des Estampes par la Bibliothèque Royale au XVIIe siècle.

« Michel de Marolles », par Séverine Lepape,conservateur au département des Estampes et de la photographie, BnF et Pascal Torres, conservateur au musée du Louvre. Mardi 17 janvier 2012, 18h15 – 19h30, INHA, auditorium Colbert, 2 rue Vivienne, Paris 2.

Programme des conférences à venir : les conférences du quadrilatère

Sources : Chroniques de la Bibliothèque nationale de France et Dessins de la Renaissance, BnF.

 

2 Comments

  1. Lepape

    Bonjour,

    Merci pour ce billet et félicitations pour le blog. Juste quelques précisions : on ne sait pas si l’oeuvre a été préparatoire à un tableau. Le monogramme ne prouve pas qu’il s’agisse de Dürer (la question de savoir si il était contemporain de Dürer a été soulevée) même s’il y a peu de doutes sur le caractère autographe de l’oeuvre. Autre élément, W. Strauss avait vu une date sous le monogramme, 1503, mais de récentes analyses pratiquées par le C2RMF ont démontré qu’il n’y avait rien et relance donc la question de la datation, qui a oscillé entre 1500-1506 et 1521.
    La peinture ainsi que deux autres (deux têtes de jeunes garçons) et le dessin du Moulin aux Saules seront exposés en mai à Nuremberg, par le GNM, à l’occasion d’une très belle exposition sur les débuts de la vie artistique de Dürer. Je vous invite à ne pas manquer cet événement, qui fera date dans l’historiographie dürerienne.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.
Required fields are marked:*

*