Femme assise, de dos, Hans Holbein l'ancien, 1503-1504 © 2012 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Dessins de la fin du Moyen Âge – Hans Holbein l’ancien

Le cabinet des estampes de Berlin et le musée d’Augsbourg viennent d’acquérir un ensemble de 120 dessins allant du XVe au XVIIe siècle, provenant de la collection du gouverneur du Haut-Palatinat le duc Maximilian Willibald von Waldburg-Wolfegg qu’il avait réuni au XVIIe siècle. La Tribune de l’Art consacre un article à cette acquisition majeure et présente quelques-uns de ces dessins, provenant de l’atelier de Hans Holbein l’ancien, le père d’Hans Holbein le jeune et souvent méconnu, écrasé par la célébrité de son fils.

Autoportrait, Hans Holbein l'ancien - Musée Condé de Chantilly

Hans Holbein était originaire d’Augsbourg, où il naquit dans la seconde moitié du XVe siècle. Il fut actif jusqu’en 1524 et incarna l’un des derniers représentants d’un gothique tardif, avec un style assez hiératique caractérisé par l’expressivité de ses figures. Ce souci du réalisme (que l’on trouve dans les courants artistiques nordiques) se retrouve dans les dessins acquis ces derniers jours : études préalables à la réalisation de panneaux peints, certains visages s’avèrent être en effet de véritables portraits.

portrait de Veronika Vetter, Hans Holbein l'ancien, vers 1499

Ainsi cette nonne est Veronika Vetter, présente dans l’écoinçon gauche de « l’épitaphe des soeurs Vetter » du musée d’Augsbourg (ci-dessous). Malgré le voile encadrant le visage de la religieuse, Hans Holbein représente les plis et rides de son sujet, poussant le réalisme jusqu’à indiquer la divergence des yeux de Veronika Vetter.

Epitaphe des soeurs Vetter, Hans Holbein l'ancien, 1499

La collection de von Waldburg-Wolfegg conserve de nombreuses études préalables à l’exécution de retables et autres panneaux, comme cette femme assise de dos, peinte à la plume et encre brune, aux rehauts blancs, qui préfigure une figure centrale du retable de Saint-Paul-hors-les-murs. Ici c’est le réalisme des matières qui est mis en avant, avec cette petite collerette de fourrure, les plis de la coiffe et de la robe esquissés en quelques traits de plume.

Femme assise, de dos, Hans Holbein l'ancien, 1503-1504

Parmi les autres dessins d’Holbein, ce feuillet incarne parfaitement le document d’atelier : il s’agit d’une étude de neuf bustes d’hommes, petit répertoire de figures réutilisables à souhait par le maître et ses aides.

Neuf bustes d'hommes, Hans Holbein l'ancien

L’oeuvre d’Holbein l’ancien témoigne de l’attachement de certains artistes à un style gothique persistant au tournant entre Moyen Âge et Renaissance. Figure majeure de la peinture allemande, Holbein exerçait au sein d’un atelier familial avec son frère Sigmund, qu’il transmit à ses deux fils Ambroise et Hans le jeune. Ce dernier fut le plus illustre représentant de cette dynastie, reprenant le goût de son père pour le réalisme des visages en devenant un fameux portraitiste à la cour anglaise.

Portrait d'Henry VIII, Hans Holbein le jeune, 1539-1540

Sources : La Tribune de l’Art

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