Livre de Chasse, Paris, début du XVe siècle © 2011 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Gaston Fébus au musée de Cluny

Pour sa prochaine exposition (à partir du 29 novembre), le Musée de Cluny s’intéresse à l’extravagante personnalité de Gaston III de Foix dit Gaston Fébus, figure haute en couleurs de la seconde moitié du XIVe siècle.

Si Machiavel vit en Cesare Borgia l’image de son Prince, Froissart fit de même avec le comte de Foix et vicomte de Béarn, qui sous sa plume devint une sorte de prince idéal. Personnage complexe, au caractère ambivalent, Gaston de Foix choisit lui-même de s’appeler Fébus, en référence au soleil (phoebus en grec). Grand administrateur et politique avisé, il fut également un acteur important de la vie artistique de la seconde moitié du XIVe siècle. Il aimait le luxe et créa une cour fastueuse, « un roi sans couronne » qui sut protéger ses terres en gardant sa neutralité lors des conflits majeurs (notamment lors de la guerre de Cent ans). En son château d’Orthez, il recevait les personnalités majeures de son temps, leur faisant ainsi apprécier sa munificence.

Livre de Chasse, Paris, début du XVe siècle

En effet le comte « soleil » aimait à faire partager son art de vivre et la richesse de sa table : l’exposition présentera ainsi l’un des rares exemples de vaisselle d’argent! Ces réceptions étaient également l’occasion d’écouter ménestrels et troubadours, vantant les mérites de leur mécène auprès de ses convives. Gaston Fébus prisait lui aussi les poèmes, et fut d’ailleurs récompensé par le Consistoire de la gaie science de Toulouse (ancêtre de l’actuelle Académie des Jeux Floraux), pour ses compositions en langue d’oc.

Ci devise comment on doit aller laisser courre pour le cerf, Livre de Chasse, Paris, début du XVe siècle

Mais le pan le plus connu de l’activité du comte, était sa passion pour la chasse. Etant un grand amateur d’ouvrages de vénerie et de fauconnerie, il décida d’écrire lui même un traité aujourd’hui très célèbre : le Livre de Chasse. À l’âge de 57 ans, il rédigea ce livre, ou plutôt le dicta à un copiste, dans un français dépourvu de fautes alors même que sa langue natale était la langue d’oc. Il traita alors de l’enseignement de la chasse, et de son exercice rédempteur. Si le manuscrit d’origine est inconnu, en revanche le musée exposera (sans doute?) l’exemplaire avignonnais peint en grisaille, réalisé du vivant de Gaston Fébus et certainement copié sur l’ouvrage initial. Sur le frontispice, l’auteur est représenté enseignant à un groupe « d’élèves » accompagnés de leurs chiens, prêts à partir pour la chasse.

Frontispice du Livre de la Chasse, Gaston Fébus enseignant, Avignon, fin XIVe siècle

C’est donc à cette personnalité complexe que le Musée de Cluny dédie sa prochaine exposition, mettant en lumière le train de vie fastueux du comte, sa bibliothèque, ses activités de mécène et bien sûr sa passion pour la chasse. 

Pour en savoir plus sur ce traité, voir le dossier pédagogique de la BNF.

« Gaston Fébus, prince soleil« , Musée National du Moyen Âge, 6 place Paul Painlevé, Paris 6, du 29 novembre 2011 au 5 mars 2012. Un second volet de l’exposition, Gaston Fébus (1331-1391). Armas, amors e cassa, sera présenté au Musée national du château de Pau du 17 mars au 18 juin 2012.

Source : Musée de Cluny, BNF

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