©Musée du Louvre

Jean Malouel de retour aux Pays-Bas

Au mois d’octobre, le Rijksmuseum (Amsterdam) consacrera une exposition à l’artiste néerlandais actif à la cour de Bourgogne autour de 1400 : Jean Malouel.  Le parcours choisi par les commissaires retracera la carrière de celui qui fut d’abord peintre de cour à Nimègue, puis à Paris au service de la reine Isabeau de Bavière, et enfin à Dijon peintre des ducs de Bourgogne Philippe le Hardi et Jean sans Peur.

La Grande Pietà ronde, Johan Maelwael, c. 1400 © 2009 Musée du Louvre, Erich Lessing
La Grande Pietà ronde, Johan Maelwael, c. 1400 © 2009 Musée du Louvre, Erich Lessing
La Grande Pietà ronde (achterzijde), Johan Maelwael. (Nijmegen, c. 1370 - Dijon, 1415), c. 1400. © 2009 Musée du Louvre / Erich Lessing
La Grande Pietà ronde (achterzijde), Johan Maelwael. (Nijmegen, c. 1370 – Dijon, 1415), c. 1400. © 2009 Musée du Louvre / Erich Lessing

Parmi la cinquantaine d’oeuvres qui seront présentées, la Pietà ronde du musée du Louvre est incontestablement le clou de l’exposition. Peinte vers 1400 pour le duc de Bourgogne, comme le laissent entendre les armoiries au revers, elle représente la Vierge de pitié accompagnée par Dieu le Père et l’Esprit Saint, évoquant la Trinité, thème cher au duc de Bourgogne. Malouel adapte sa composition à la forme circulaire du panneau et mêle détails réalistes au raffinement extrême des couleurs. Il s’agit de l’une des rares oeuvres attribuées aujourd’hui au peintre (dont la Pietà de Vic-le-Comte acquise par le Louvre). Si les archives témoignent de sa production nombreuse et variée : comme tout peintre talentueux, il exerce son art sur plusieurs supports : bannières, oriflammes, décors d’armures, enluminure, portraits, peinture sur panneau ou encore peinture « d’estoffe » (il sera chargé, par exemple, de rehausser de couleurs le Puits de Moïse sculpté par Claus Sluter), son corpus est aujourd’hui très restreint.

L’exposition présentera également le milieu artistique dans lequel Malouel baignait : plusieurs liens seront évoqués entre l’art du peintre et celui de certains de ses contemporains : à Paris avec Jean de Beaumetz, à Dijon avec Claus Sluter, Claus de Werve et Henri Bellechose, et enfin à travers ses trois neveux Pol, Jean et Hermann de Limbourg. À travers la carrière riche de cet artiste exogène, le Rijksmuseum met en lumière l’un des peintres majeurs du gothique international dont la France (et le musée du Louvre) possède la majeure partie des oeuvres.

Crucifixion, Jean de Beaumetz, 1389-1395, Cleveland Museum of Art / Paris Musee du Louvre
Crucifixion, Jean de Beaumetz, 1389-1395, Cleveland Museum of Art / Paris Musee du Louvre
Jean Malouel, Henri Bellechose, Vierge à l'Enfant entourée d'anges, Dijon, c. 1415, Berlin, Gemäldegalerie
Jean Malouel, Henri Bellechose, Vierge à l’Enfant entourée d’anges, Dijon, c. 1415, Berlin, Gemäldegalerie
Claus Sluter & Claus de Werve, pleurants du tombeau de Philippe le Hardi, 1404-1410, © Cleveland Museum of Art
Claus Sluter & Claus de Werve, pleurants du tombeau de Philippe le Hardi, 1404-1410, © Cleveland Museum of Art
Petites Heures du duc de Berry, frères Limbourg, Bourges, c. 1408, Paris. Bibliotheque nationale de France
Petites Heures du duc de Berry, frères Limbourg, Bourges, c. 1408, Paris. Bibliotheque nationale de France
Frères Limbourg, Tres Belles Heures de Notre Dame, Paris et Bourges, 1389-1405-c. 1412, Bibliotheque nationale de France
Frères Limbourg, Tres Belles Heures de Notre Dame, Paris et Bourges, 1389-1405-c. 1412, Bibliotheque nationale de France
Livre d'heures Margaretha van Kleef, maître éponyme, Pays-Bas, c. 1395-1400, Lisbonne, Musée Galouste Gulbenkian
Livre d’heures Margaretha van Kleef, maître éponyme, Pays-Bas, c. 1395-1400, Lisbonne, Musée Galouste Gulbenkian

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.
Required fields are marked:*

*