Pietà (détail), Gerard David, 1520-1530 © 2012 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

La collection royale britannique : morceaux choisis

La reine Elizabeth II et ses prédécesseurs ont acquis au fil des siècles une collection à faire pâlir les plus grands musées. Parmi les nombreuses pièces conservées se trouvent des morceaux de choix, présentés au public via un site qui leur est dédié. Des Tudor aux Windsor, il est intéressant de voir évoluer les goûts de ses collectionneurs royaux. L’art du Moyen Âge a surtout été l’apanage du Prince Albert, époux de la reine Victoria, qui acheta à plusieurs reprises des tableaux de maîtres. Mais il ne fut pas le seul : dès le XVIIe siècle, la famille royale s’est intéressée à l’art de la fin du Moyen Âge.

Anne Cresacre, Hans Holbein le jeune, 1527, ©Her Majesty Queen Elizabeth II

En 1675, le prince de Galles Henry Frederick acquiert deux dessins d’Hans Holbein le jeune, portraits de sir Thomas More et de sa belle-fille Anne Cresacre. Il s’agit d’études préparatoires à un tableau sur la famille More, dont Holbein a peint de nombreux portraits. Ici, les deux sujets sont représentés de trois-quarts, dessinés à la craie noire rehaussée de couleurs.

Sir Thomas More, Hans Holbein le jeune, 1526-1527, ©Her Majesty Queen Elizabeth II

Quelques années plus tard, le roi Charles II continue dans cette lignée, et achète près de 600 dessins de Léonard de Vinci : ces derniers sont tous accessibles au public, via un site qui leur est exclusivement consacré. Parmi eux, cette magnifique tête de Leda, étude préparatoire au tableau perdu Leda et le cygne. 

Leda, Léonard de Vinci, 1503, ©Her Majesty Queen Elizabeth II

Au XVIIIe siècle, les achats royaux concernent majoritairement des oeuvres modernes. La collection profite amplement de la Révolution française, avec notamment l’achat du service en porcelaine de Sèvres de Louis XVI.

Au XIXe siècle, les rois et reines s’intéressent de plus près à l’art médiéval et renaissant : vers 1830, le roi (George IV ou William IV) acquiert cette magnifique broche représentant saint Georges terrassant le dragon. Il s’agit d’une pièce d’orfèvrerie émaillée remarquable, en haut-relief, à accrocher à un chapeau. La légende voudrait qu’elle ait appartenu à Henry VIII.

Broche - saint Georges terrassant le dragon, vers 1520, ©Her Majesty Queen Elizabeth II
revers, ©Her Majesty Queen Elizabeth II

La reine Victoria et surtout son époux le Prince Albert sont d’avides collectionneurs. Le prince consort s’intéresse particulièrement aux primitifs italiens et nordiques : il achète plusieurs panneaux dans les années 1840 comme ce Cranach représentant Apollon et Diane.

Apollon et Diane, Lucas Cranach l'Ancien, 1526, ©Her Majesty Queen Elizabeth II

Parmi les plus belles pièces de sa collection, se trouve également ce triptyque de Duccio : la Crucifixion, entourée de scènes de la vie du Christ. En 1845, lorsque le mandataire du Prince Albert, achète ce tableau au marchand florentin Ludwig Metzer, il est signalé comme une oeuvre de Fra Angelico !!! (soit un siècle et demi plus tard).

Triptyque, Duccio, 1302-1308, ©Her Majesty Queen Elizabeth II
Maestà (détail), Triptyque, Duccio, 1302-1308, ©Her Majesty Queen Elizabeth II

Enfin l’une des oeuvres maîtresses des achats du prince consort, est cette magnifique Pietà de Gerard David, réalisée dans les années 1520-1530. Abimée par de nombreuses craquelures, elle a subi récemment une restauration minutieuse qui a eu pour visée la consolidation du bois et de la peinture.

Pietà, Gerard David, 1520-1530, ©Her Majesty Queen Elizabeth II
Pietà (détail), Gerard David, 1520-1530, ©Her Majesty Queen Elizabeth II

La reine Victoria est, comme son mari, attirée par les pièces anciennes et elle achète entre autres ce manuscrit daté de 1530, qui représente l’une des plus anciennes vues contemporaines de l’ouverture du Parlement anglais, en 1523.

The Wriothesley Garter book, vets 1530, ©Her Majesty Queen Elizabeth II

 Régulièrement, les résidences royales organisent des expositions mettant en lumière certains aspects de cette immense collection. Prochainement, les dessins anatomiques de Léonard de Vinci seront présentés au public, « Leonardo da Vinci : anatomist », à partir du 4 mai.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.
Required fields are marked:*

*