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la maestà du musée Pouchkine et la peinture florentine du XIIIe siècle

En ce moment à Florence, la galerie des Offices accueille un hôte de choix : une maestà du XIIIe siècle provenant du musée Pouchkine de Moscou. Dans le cadre d’un programme d’échanges entre la Russie et l’Italie, cette Vierge en majesté est exposée à Florence jusqu’en janvier 2012. Les Offices en profitent ainsi pour consacrer une rétrospective sur la peinture florentine du XIIIe siècle, dont ils possèdent déjà quelques chefs-d’oeuvre.

Relativement méconnue, cette maestà représente une Vierge à l’Enfant en majesté, assise sur un trône, devant un fond doré. Autour d’eux se déploient 17 scènes de la vie de Marie, encadrant la composition. Au premier abord, cette maestà assez hiératique est clairement redevable de la peinture et de la culture byzantine, qui a prospéré dans la majeure partie de la péninsule italienne aux XIIe et XIIIe siècle, caractérisée par des yeux en amande, une représentation de la figure et du corps humain très stylisée, mise en valeur par un drapé « mouillé » et l’utilisation d’un fond doré, niant toute profondeur. Elle présente toutefois une narration vivante, dans les scènes de la vie de la Vierge encadrant le groupe central.

L’origine de ce panneau est inconnue. Arrivé en Russie au XIXe siècle, il a été acheté en 1863 à Rome par le collectionneur  Piotr Ivanovic Sevast’janov puis passa dans les collections du musée Pouchkine à Moscou. Quant à sa réalisation, plusieurs hypothèses circulent. Certains historiens d’art l’identifie comme étant l’oeuvre de Coppo di Marcovaldo, l’un des grands patriarches de la peinture italienne. D’autres au contraire écartent cette hypothèse et rapprochent cette oeuvre de la production du « maître du crucifix des Offices n°434 ».

C’est cette seconde approche que retient le musée, exposant ici la maestà autour de ce fameux Christ en croix n°434, et d’un tableau représentant les stigmates de saint François, attribués tous deux à ce maître.

Ces oeuvres sont exposées dans la fameuse Sala delle Maestà, comparant ainsi directement la Vierge du musée Pouchkine avec ses contemporaines : la madone Rucellaï de Duccio, celle de Cimabue ou encore la madone Ognissanti de Giotto. Ainsi la galerie des Offices présente une période majeure dans l’évolution de la peinture italienne, s’acquittant progressivement de l’influence byzantine pour s’intéresser au réalisme, avec notamment les résultats qu’on lui connait en terme de perspective.

Madone Ognissanti

« Agli albori della pittura fiorentina – la maestà del museo puskin di mosca », Galerie des Offices, Florence, jusqu’au 8 janvier 2012.

Source : Offices

 

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