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La Sainte Chapelle de Dijon en 3D

La Sainte Chapelle des ducs de Bourgogne, disparue en 1802, renaît de ses cendres à travers une exposition virtuelle au Musée des Beaux Arts de Dijon. Anciennement située à l’emplacement de l’aile orientale du musée, la chapelle ducale fut fondée en 1172, suite au voeu d’Hugues III qui, prit dans une tempête sur le chemin de la Terre Sainte, promit s’il échappait au naufrage, d’ériger une chapelle dans son palais, dédiée à la Vierge et à saint Jean l’évangéliste.

Jules Hardouin Mansart, vue de l'Hôtel des ducs de Bourgogne et de la Sainte Chapelle, 1688, ©Paris, Bibliothèque de la Sorbonne
Jules Hardouin Mansart, vue de l’Hôtel des ducs de Bourgogne et de la Sainte Chapelle, 1688, ©Paris, Bibliothèque de la Sorbonne

Dès son retour, la construction commença et s’éternisa faute de moyens jusqu’au début du XVIe siècle, l’édifice étant consacré en 1500. Traditionnellement appelée Sainte Chapelle, elle ne répondait pourtant pas aux critères d’une telle fondation : si elle a bien été construite dans un palais princier, elle n’a pas été fondée par saint Louis ou l’un de ses descendants, n’abrite pas un fragment de la Couronne d’Épines ou de la Vraie Croix, n’a pas été construite sur le modèle parisien d’une nef à vaisseau unique et deux niveaux, et son culte n’était pas à l’usage de Paris.

Deux anges tenant la Sainte Hostie, Egerton Hours, vers 1440 ©British Library

Si elle ne possédait pas de relique de la Passion du Christ, elle abritait néanmoins une relique qui s’y rapportait indirectement : une hostie miraculeuse qui montrait l’image du Christ et qui aurait saigné lorsqu’on lui infligea des coups de stylet. Source de nombreux miracles, elle fut offerte par le pape Eugène IV à Philippe le Bon, qui la plaça alors dans la chapelle du palais. Le duc choisit également la chapelle comme « lieu, chapitre et collège » de l’ordre de la Toison d’or qu’il venait de créer à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal en 1430.

Charles le Téméraire présidant le chapitre de l’ordre de la Toison d’or (Histoire de l’ordre de la Toison d’or de Guillaume Fillastre, Dijon, BM, Ms. 2948, fol. vers 1473)
Charles le Téméraire présidant le chapitre de l’ordre de la Toison d’or (Histoire de l’ordre de la Toison d’or de Guillaume Fillastre, Dijon, BM, Ms. 2948, fol. vers 1473)

À la Révolution, les statues mutilées restantes furent entreposées dans un dépôt, les objets d’orfèvrerie fondus et la sainte hostie brulée publiquement. Quelques années plus tard, en 1802, l’édifice fut totalement détruit. Aujourd’hui subsistent plusieurs vestiges, exposés dans l’ancienne salle du chapitre au Musée des Beaux-Arts.

Fragment de vitrail, XVe siècle, provenant de la Sainte Chapelle de Dijon
Fragment de vitrail, XVe siècle, provenant de la Sainte Chapelle de Dijon

Grâce au travail effectué en partenariat par l’Agence nationale de la recherche et l’Institut Image de l’Ensam de Cluny, le public peut effectuer une visite virtuelle de la Sainte-Chapelle du palais des Ducs, détruite en 1802, et assister à la célébration d’une cérémonie religieuse telle qu’elle pouvait se dérouler au XVIe siècle. Elle intègre des extraits de son spatialisé et reconstitue virtuellement la cérémonie votive de l’Annonciation, dont une charte de 1526 décrit en détail le déroulement. Les vêtements liturgiques s’inspirent de la tapisserie du Siège de Dijon par les Suisses, conservée au musée des Beaux-Arts, et d’autres représentations anciennes.

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  1. By La Sainte Chapelle de Dijon en 3D | Infos artis... 23 juin 2014 at 20 h 10 min

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