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La sauvegarde des vitraux pendant la 2e Guerre Mondiale

Alors que les commémorations du débarquement ont lieu en ce moment même en Normandie, j’ai choisi ce matin de parler d’une conséquence méconnue de la seconde Guerre Mondiale : la sauvegarde et l’étude des vitraux anciens.

Ruines de la cathédrale de Conventry
Ruines de la cathédrale de Coventry

À la veille du conflit, toutes les verrières classées furent déposées et mises à l’abri des bombardements. Une vaste entreprise fut lancée à travers toute la France et d’autres pays européens, l’Allemagne en tête. Tirant les leçons de la guerre de 1914-1918, les Monuments Historiques ont ainsi sauvegardé plus de 50 000m2 de vitraux anciens, médiévaux et modernes, placés en caisses en divers endroits (au dépôt des Monuments Historiques à Champs-sur-Marne notamment).

Cathédrale de Reims, en 1914
Cathédrale de Reims, en 1914
Cathédrale de Rouen, 1944
Cathédrale de Rouen, 1944
Ruines de la cathédrale de Conventry, en 1940
Ruines de la cathédrale de Coventry, en 1940

Ainsi, pendant le temps du conflit et quelques années après, une grande partie des églises d’Europe restèrent sans vitrage. Pour les historiens de l’art, ce fut une aubaine : ils pouvaient approcher de près des oeuvres qui étaient souvent inaccessibles. Cette dépose massive fut le point de départ d’une grande entreprise d’étude des vitraux, dont la première étape fut la constitution d’une documentation photographique. C’est tout un pan de la peinture médiévale qui était redécouvert! Une association scientifique internationale dédiée au vitrail fut créée en 1952 : le Corpus Vitrearum Medii Aevi qui, aujourd’hui encore, oeuvre à l’étude de ce patrimoine exceptionnel (voir le site du Corpus Vitrearum).

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Avant d’être remontés, ces vitraux firent l’objet d’expositions qui permettaient au public, pour la première fois, de voir de près ces chefs-d’oeuvre de la peinture occidentale (en 1953, l’exposition Vitraux de France au Musée des arts décoratifs eut un succès considérable).

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Vierge en Gloire, abbatiale de la Trinité, Vendôme, vers 1150. Vitrail exposé en 1952 au Musée des Arts décoratifs
Vierge en Gloire, abbatiale de la Trinité, Vendôme, vers 1150. Vitrail exposé en 1953 au Musée des Arts décoratifs
Vie de saint Etienne, cathédrale Saint-Etienne de Châlons en Champagne, vers 1165, exposé au Musée des Arts décoratifs en 1953
Vie de saint Etienne, cathédrale Saint-Etienne de Châlons en Champagne, vers 1165, exposé au Musée des Arts décoratifs en 1953

Cette mobilisation a permis de sauvegarder un patrimoine inestimable : le sort de l’église Saint-Vincent de Rouen, entièrement détruite suite au bombardement de la ville en avril 1944 en est l’un des exemples les plus parlants. Grâce à ces mesures préventives, les vitraux du début du XVIe siècle d’Engrand Le Prince ont pu être sauvés et remontés dans l’église Sainte-Jeanne-d’Arc, construite pour servir d’écrin à ces chefs-d’oeuvre.

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Église Sainte-Jeanne-d’Arc, Rouen

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