affiche-detail ©CESR

La sculpture du Val de Loire

« La sculpture du Val de Loire, à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance » – Questions de conservation et de restauration des oeuvres. Réalisée dans le cadre de programmes de recherche des universités de Nantes/IUF (Microhistoire d’une technique) et de Tours/CESR/Ipat (Sculpture 3D) portant sur la sculpture en Val de Loire à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance, cette journée d’étude abordera des dossiers traitant de la restauration et de la conservation des œuvres :

Le mobilier commandé par les abbés Louis et Antoine de Crevant pour l’abbatiale de la Trinité de Vendôme au début du XVIe siècle : bilan historiographique, enjeux de conservation et perspectives de valorisation, par Hélène Lebédel-Carbonnel (DRAC Centre – Val de Loire)

Clôture de choeur, abbatiale de la Trinité, Vendôme, début du XVIe siècle
Clôture de choeur, abbatiale de la Trinité, Vendôme, début du XVIe siècle

Le mobilier commandé par les abbés Louis et Antoine de Crevant pour l’abbatiale de la Trinité de Vendôme dans le premier tiers du XVIe siècle compte parmi les réalisations majeures de la période. À la suite de l’achèvement du chantier architectural par la façade occidentale, il s’agit alors de compléter l’ornement du choeur liturgique par la commande d’un jubé, d’une clôture de choeur intégrant le monument à la Sainte Larme, et de stalles, que complète le tombeau livré par Jean Juste en 1530. Nous questionnerons cet ensemble, qui nous est parvenu dans un état fragmentaire, sous l’angle de la politique de conservation et de valorisation dont il a bénéficié depuis son inscription sur la première liste de monuments historiques en 1840, et des perspectives à venir.

Le tombeau de François II et Marguerite de Foix. Les enjeux d’une restauration à venir, par Olivier Rolland (Restaurateur de sculptures) et Julie Guttierez (DRAC Pays-de-la-Loire)

Tombeau de François II et Marguerite de Foix, par Michel Colombe
Tombeau de François II et Marguerite de Foix, par Michel Colombe, 1506
Tombeau de François II et Marguerite de Foix, par Michel Colombe
Tombeau de François II et Marguerite de Foix (détail), par Michel Colombe, 1506

Commande royale, le tombeau des Ducs de Bretagne est l’oeuvre sculptée la plus importante de la Renaissance en Val de Loire. C’est aussi l’oeuvre phare de son plus grand sculpteur, Michel Colombe. Depuis des années, la conservation des Monuments Historiques suit l’évolution préoccupante de son soubassement, rongé par des sels solubles. En 2009 et 2013, la Direction Régionale des Affaires Culturelles des Pays de Loire a commandé deux études de conservation successives. Elles éclairent le processus d’altération et démontrent la nécessité d’une restauration de grande ampleur avec un démontage complet pour dessaler les soubassements et éliminer les sources de sels. Elles apportent aussi des informations inédites sur les matériaux employés. La restauration prochaine sera l’occasion de mieux comprendre encore cette oeuvre majeure. Ce sera aussi l’occasion de communiquer avec un très large public.

La restauration du tour de choeur de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, par Fabienne Audebrand (DRAC Centre – Val de Loire) et Irène Jourd’heuil (DRAC Centre – Val de Loire)

Clôture de choeur, cathédrale de Chartres, début du XVIe siècle ©cathédrale de Chartres
Clôture de choeur, cathédrale de Chartres, début du XVIe siècle ©cathédrale de Chartres
Essais de nettoyage, 2015 ©On dit médiéval, pas moyenâgeux !
Essais de nettoyage, 2015
©On dit médiéval, pas moyenâgeux !

img_5558

La Drac Centre – Val de Loire a entrepris depuis 2015 la restauration du « tour de choeur » de la cathédrale de Chartres, appellation traditionnellement donnée à la clôture du choeur liturgique de cet édifice. La restauration de cet ensemble architectural et sculpté élevé par Jean de Beauce à partir de 1514 a été précédée d’un inventaire de fragments lapidaires détachés, d’une étude historique approfondie ainsi que d’une étude diagnostic détaillée qui a permis de dresser un bilan sanitaire complet de l’ensemble et de réaliser des essais de nettoyage. Le projet de restauration élaboré par l’architecte en chef des monuments historiques s’est appuyé sur ces études préalables, tout en prenant également en considération les transformations majeures de cet ensemble, notamment au cours du XVIIIe siècle.

L’étude de la Vierge de Blois, de l’oeil humain à celui du scanner X, par Marion Boudon-Machuel (Université François-Rabelais, CESR) et Valérie Thuleau (Restauratrice de sculptures)

Les études des statues de la Vierge à l’Enfant produites par Michel Colombe et par ses suiveurs marquent deux temps dans la recherche à plus d’un siècle d’écart. La monographie de Paul Vitry consacrée au célèbre sculpteur en 1901 a ouvert la voie à une identification de ces oeuvres comme emblématiques de la Renaissance en Val-de-Loire et plus généralement d’une Renaissance « française ». Plus récemment, le projet Sculpture3D (Tours, CESR), en associant historiens de l’art et informaticiens, vise à renouveler le regard sur ces statues en utilisant les ressources du numérique pour en accompagner et en approfondir l’analyse. Cette intervention propose ainsi une nouvelle approche de l’étude matérielle de la Vierge à l’Enfant en terre-cuite du musée des beaux-arts du château de Blois en croisant l’oeil du restaurateur et les images du scanner X.

L’inventaire du dépôt lapidaire de la cathédrale Saint-Gatien de Tours et de son cloître de la Psalette ou la reconstitution d’un patrimoine en miettes, par Manon Deparpe (Musée Daniel Vannier, Château de Beaugency)

Cloître de la psalette, escalier, XVIe siècle, Saint-Gatien de Tours
Cloître de la psalette, escalier, XVIe siècle, Saint-Gatien de Tours
Cloître de la psalette, dépôt lapidaire, Saint-Gatien de Tours
Cloître de la psalette, dépôt lapidaire, Saint-Gatien de Tours

Le dépôt lapidaire de la cathédrale Saint-Gatien de Tours et de son cloître de la Psalette est constitué de presque 600 vestiges architecturaux de pierre et de plâtre, témoins vivants des différentes campagnes de construction et de rénovation de la cathédrale tourangelle. Les plâtres du XIXe siècle se mêlent aux originaux de pierre du XVe siècle qui, remplacés pour des raisons esthétiques ou de sécurité, ont servi à la réalisation des moulages. Soigneusement entassés dans les tours au fil des chantiers par des architectes consciencieux puis oubliés pendant des décennies, ils subissent l’assaut du temps en attendant d’être de nouveau découverts et de pouvoir, enfin, nous raconter leur histoire. Le dépôt lapidaire de la cathédrale de Tours est un exemple représentatif de l’histoire des dépôts lapidaires français, qui après un abandon quasi total, sont à nouveau l’objet de recherches, pour leur intérêt historique, architectural et muséographique.

La sculpture des portails de Saint-Gatien par le filtre des restaurations du XIXe siècle, par Jean-Marie Guillouët (Université de Nantes, IUF)

Portails, façade occidentale de Saint-Gatien de Tours
Portail central, façade occidentale de Saint-Gatien de Tours

Les portails de la cathédrale Saint-Gatien de Tours passent pour avoir été considérablement altérés par le vandalisme révolutionnaire puis par le zèle des restaurateurs du XIXe siècle, au point qu’il ne serait aujourd’hui plus possible d’avoir accès à leurs dispositions d’origine. La reprise systématique de la documentation figurée des lourdes campagnes de restauration conduites à partir de 1842 comme l’exploitation des vestiges épigraphiques de ces voussures, permettent pourtant de reconstituer avec précision et une relative assurance un programme iconographique à la hauteur des ambitions du monument. Surtout onze figures en plâtre passées jusqu’à présent inaperçues se révèlent être du plus haut intérêt puisqu’il s’agit des moulages réalisés par Gustave Guérin sur les sculptures originales des portails avant leur remplacement. La sculpture des voussures de Saint-Gatien de Tours sort donc partiellement d’un long oubli et peut être replacée dans le concert de la sculpture du XVe siècle.

16h15 Geneviève Bresc-Bautier (Musée du Louvre)
Un paysage historiographique en construction

« La sculpture du Val de Loire, à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance », jeudi 1er décembre 2016, Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance (entrée libre). Pour plus d’informations : resumes-je-dec2016

affiche

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.
Required fields are marked:*

*