Capture d’écran 2011-12-04 à 10.51.29 © 2011 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Le bestiaire médiéval – bis repetita

Ces derniers temps, le bestiaire médiéval est à l’honneur. Après l’ouvrage de Michel Pastoureau en octobre 2011 chez Seuil « Bestiaires du Moyen Âge », les éditeurs Citadelles & Mazenod publient « le bestiaire médiéval », de Christian Eyck et Rémy Cordonnier.

Cette iconographie a décidément la cote en cette fin d’année! À présentation équivalente, support équivalent : l’enluminure. Quid du vitrail, de la sculpture, de la peinture murale / sur panneau, de l’émail, de l’orfèvrerie …. ? Si ces deux ouvrages sont assurément magnifiques, rédigés par de grands historiens d’art, serait-il trop demandé aux éditeurs de varier les thèmes? Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons qu’être entrainés dans ce monde merveilleux et fantastique du bestiaire, mis en lumière par de sublimes images comme le montre la brochure mise en ligne par Citadelles & Mazenod.

Pour ceux qui n’auraient pas les moyens de s’offrir l’un ou l’autre de ces livres, il reste le dossier virtuel de la BNF, qui rappelons-le avait déjà proposé en 2005-2006 une grande exposition « le bestiaire dans l’enluminure médiévale »!

5 Comments

  1. Bonjour,
    J’ai découvert et me suis abonné à votre blog grâce à un lien posté sur Facebook par une de vos lectrices et si je n’ai pas encore eu l’occasion de l’explorer entièrement, je tiens à vous féliciter très sincèrement pour avoir décidé de défendre le Moyen Âge, période sur laquelle on dit encore tant de bêtises aujourd’hui, et de le faire de si belle manière.
    Je partage complètement ce que vous dîtes au sujet du caractère un peu répétitif des thèmes choisis par les éditeurs, surtout soucieux – ce que l’on peut comprendre, bien entendu – de vendre leurs productions. Les bestiaires, par leur folle imagination et leur caractère quelque peu mystérieux, ont tout pour plaire au lecteur d’aujourd’hui, quand bien même ce ne serait pas pour les « bonnes » raisons.
    Merci pour ce billet et belle journée.
    Bien à vous.

    PS : m’autoriseriez-vous à référencer votre blog sur le mien ? Merci.

    • CaroB

      Merci pour ces compliments, et oui bien sûr n’hésitez pas à référencer ce blog. Je m’en vais de ce pas explorer le votre!

  2. Rémy Cordonnier

    Bonjour,
    Je me permet de vous apporter quelques informations au sujet de vos interrogations légitime quant au choix des éditeurs…
    Tout d’abord c’est un business qui obéit aux lois du marché… concurrence (sortie du livre de Pastoureau en même temps…), enquête sur les goûts et les attentes du public (en général faisant écho à des clichés culturels), ce dernier devant être le plus large possible pour optimiser les ventes (donc pas seulement les spécialistes ou les amateurs).
    De là découle le choix du sujet : en l’occurrence le terme Bestiaire est ultra vendeur (nous nous sommes battu pour qu’il ne soit pas employé pour notre ouvrage car d’un point de vue strictement scientifique il est maladroit, mais nous n’avons pas eu gain de cause face aux responsables de la com).
    Et depuis la grosse exposition itinérante de Troyes qui a terminé à la BnF c’est un sujet porteur et les éditeurs surfs sur la vague (ce sont eux qui nous ont contactés, et non pas nous qui avons proposé le sujet).

    Pour le choix du support « enluminure » :
    – Le terme « Bestiaire » est, au Moyen Âge, donné pour un genre littéraire, et ne concerne donc à priori que les manuscrits . « Stricto sensu » il n’y a pas de Bestiaire du vitrail, de la sculpture, de la fresque, etc. Cet emploi est un abus de langage de l’époque moderne.
    – Les manuscrits constituent le corpus iconographique le plus large et le plus varié de l’héritage médiéval, il est donc plus aisé à manipuler pour des publications de cette ampleur.
    – Les vitraux intactes de l’époque médiévale même la plus large sont devenus rarissimes (j’entends ceux n’ayant subit aucune restauration et présentant un programme complet). Quant à ceux présentant une iconographie animalière à portée symbolique, il y aurait à peine de quoi faire une brochure…
    En orfèvrerie, certes ce support a moins subit les affres du temps. Mais quand on parle de répétition : les thèmes y sont souvent les mêmes car les objets sont souvent les mêmes (vaisselle liturgique et ornements sacerdotaux soit en gros : le tétramorphe, l’agneau mystique, la colombe, le serpent et le pélican… c’est un peu léger pour un livre de 600 pages) , ou de la vaisselle et des bijoux laïcs impossibles à interpréter d’un point de vue symbolique (du moins avec un minimum de rigueur scientifique…)
    Pour les fresques c’est la même chose, rare sont celles qui soient encore réellement authentiques et intégrales. Le pourcentage d’animaux représentés y est sommes-toutes assez faible et répétitif, et en outre rarement interprétable sérieusement (un bon exemple récente les 3 animaux de la voute de l’église de Malestroit dans le Morbihan pour lesquels j’ai été récemment contacté : intéressant mais qui resteront une énigme car désormais décontextualisés et donc impossible à interpréter avec certitude).

    Voilà j’espère que cela vous permettra de mieux comprendre le choix éditoriaux qui ont présidés à la rédaction de notre ouvrage.
    N’hésitez pas à me poser d’autres questions si besoin.

    Cordiales salutations

    Rémy Cordonnier

    • CaroB

      Bonjour,

      Merci d’avoir pris le temps de nous transmettre ces précieuses informations! Effectivement je comprends mieux ces choix, et n’emploierai plus « bestiaire » à tort et à travers! C’est très intéressant de savoir quels impératifs et quelles motivations ont présidé à la conception de cet ouvrage, merci encore de nous les faire partager!
      Caroline Blondeau.

    • Rémy Cordonnier

      Pas de quoi, j’ai fais un peu vite d’où les coquilles, mais cela me semblait en effet intéressant… et on a rarement l’occasion de s’expliquer sur ces points.

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