Retable des anges, Jorge Ingles, vers 1455, Dépôt au Musée du Prado par Don. I. de Arteaga © 2012 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Le retable des anges au Prado

Le musée du Prado accueille un nouvel élément au sein de ses collections. Grâce à un accord passé avec son propriétaire Don Inigo de Arteaga, le « retable des anges » est exposé dans les salles du musée pendant dix ans, après avoir été restauré.

Retable des anges, Jorge Ingles, vers 1455, Dépôt au Musée du Prado par Don. I. de Arteaga

Ce retable se compose d’une prédelle représentant les pères de l’Eglise, surmontée de la représentation des deux commanditaires entourant la Vierge sculptée (remplaçant la statue originale perdue). Don Inigo Lopez de Mendoza, marquis de Santillana et sa femme, Catalina Suarez de Figueroa sont agenouillés, en prière devant Marie, accompagnés respectivement de leur page et de leur femme de chambre.Ce registre est surmonté par un entablement gothique, composé d’arcs en accolades redentés et de décor de lancettes, le tout formant un dais en relief au-dessus de la Vierge. La partie supérieure du retable est celle qui lui a donné son surnom : y sont peints douze anges tenant des textes dédiés à Marie, écrits par le marquis lui-même.

Anges (détail du registre supérieur), Jorge Ingles, vers 1455, Dépôt au Musée du Prado par Don. I. de Arteaga

Car Inigo Lopez de Mendoza est un commanditaire d’importance, lettré et féru de poésie, faisant partie de la haute noblesse castillane. Pour la réalisation de son retable, il fait appel à Jorge Ingles, un peintre et enlumineur dont on connait peu de choses, hormis une hypothétique origine anglaise. En 1455, le marquis de Santillana fait appel à lui pour l’exécution de ce « retable des anges », à destination de la chapelle de l’hôpital de Buitrago. Sa peinture présente de grandes similitudes avec l’art de Rogier van der Weyden, notamment dans l’attitude (et la place) des deux commanditaires et de Robert Campin. Le réalisme des figures, les plis abruptes et cassés des draperies font ainsi de Jorge Ingles le premier représentant du réalisme flamand en Castille.

Les donateurs agenouillés devant la Vierge (détail), Jorge Ingles, vers 1455, Dépôt au Musée du Prado par Don. I. de Arteaga

L’authentification de ce retable par les archives, le style de Jorge Ingles, la personnalité et l’importance de son commanditaire en font une oeuvre capitale pour le gothique castillan du XVe siècle. Le musée du Prado signe ici une belle opération : au-delà de l’exposition du retable dans les salles du musées, un travail de recherche mêlant histoire de l’art et littérature sera engagé autour de l’oeuvre et du marquis de Santillana.

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