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Leonard de Vinci, peintre à la cour de Milan

La National Gallery expose le plus grand nombre d’oeuvres de Leonard de Vinci jamais rassemblées, pour une grande rétrospective « Leonardo Da Vinci : painter at the court of Milan ». Entre 1482 et 1499, celui ci fut en effet au service de Ludovic Sforza, duc de Milan. Le musée londonien prend ici un pari, celui d’attirer les foules sur un sujet plus que rebattu. Pourtant, le risque est concluant : l’exposition fait salle comble et les réservations sont déjà closes. Car la National Gallery propose une approche très précise : l’oeuvre de peintre de Léonard, et elle seule. Si de nombreuses manifestations ont déjà eu lieu sur ses activités d’inventeur, « celle-ci est la première consacrée à ses objectifs et à ses techniques en tant que peintre » annonce Luc Syson, le commissaire de l’exposition.

Peu de tableaux subsistent, en réalité, de sa carrière : la Joconde bien sûr, les deux Vierge aux rochers, la belle ferronnière en sont les plus connus, avec ses fresques. Sur la vingtaine de panneaux peints par Léonard, seuls 15 ont survécu, et la National Gallery a réussi à en rassembler 9. Mais en regard de ces peintures, l’exposition présente de nombreux dessins préparatoires, esquisses et autres matériaux indispensables à la compréhension totale de l’oeuvre. Le Louvre, le Musée de l’Ermitage et même la reine d’Angleterre prêtent à la National Gallery assez d’oeuvres pour créer l’évènement.

Si la Joconde et son mystérieux sourire ne sont pas de la partie (et avec elle la polémique de voir en Mona Lisa les traits de Salaï, l’assistant – amant de Léonard), les oeuvres ainsi rassemblées rappellent à la fois le génie de l’artiste, mais également sa capacité à rarement finir ses oeuvres. Les deux versions de la Vierge aux rochers montrent à quel point certaines parties sont uniquement ébauchées.

Vierge aux rochers, National Gallery
Vierge aux rochers, Louvre

L’exposition présente également trois portraits du maître : la Dame à l’hermine, la belle ferronnière et le musicien : en brillant observateur de la nature, celui-ci brosse ici la nature humaine de manière très réaliste

La Dame à l'hermine, Louvre
Le musicien, Pinacothèque de Milan

Figure parmi les tableaux de Léonard ce Salvador Mundi, récemment attribué au maître et qui jusque là passait pour le travail de l’un de ses assistants. Il est la pièce maîtresse de cette exposition, qui connut un destin mouvementé : Cette peinture appartenait, en 1649, au roi Charles Ier d’Angleterre. Elle fut ensuite vendue en 1763 par le fils du duc de Buckingham. Puis elle disparut, pour resurgir en 1900 dans la collection de Sir Frederick Cook. En 1958, ses descendants la vendirent aux enchères pour 45 livres sterling. Elle subit de nombreux repeints et en 2005, lorsque le marchand Bob Simon l’acheta, elle fut restaurée pour ce résultat final :

Salvador Mundi - collection particulière

De nombreux dessins sont également exposés, témoignant de la capacité de l’artiste à croquer la nature, le vif, et la réalité des personnages.

Etude de cinq hommes, collection de la reine Elizabeth II

Si la National Gallery propose quelques billets aux visiteurs de dernière minute, l’incroyable succès de cette exposition rend difficile une simple excursion via l’eurostar. Il reste heureusement de nombreux diaporama sur le maître, dont celui du musée, pour apprécier la peinture d’un homme qui n’acheva que très rarement ses oeuvres.

« Leonardo da Vinci, painter at the court of Milan », National Gallery, Londres, du 9/11/2011 au 5/02/2012

Sources : National Gallery et France 24

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