279_bbfb54888cc63c785289d69f88112abe © 2012 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Les « autres » vitraux de Chartres

Si le nom de Chartres évoque le magnifique ensemble de vitraux des XIIe et XIIIe siècles de la cathédrale, en revanche ceux de la Renaissance sont moins connus. Et pour cause, issus en partis des édifices supprimés à la Révolution, nombre d’entre eux ont été dispersés voire détruits. Le remontage de certaines de ces verrières dans d’autres églises a néanmoins permis d’en sauvegarder une partie, qui sera par la suite de nouveau déposée à la veille de la seconde Guerre Mondiale. Conservés en caisses et éparpillés à Paris (au Musée de Cluny), Chartres (stockés dans le fameux atelier Lorin) puis à Champs-sur-Marne (au dépôt des Monuments Historiques), de nombreux panneaux se retrouvent sans édifice. Certains vont être cependant remontés à l’ancienne abbatiale Saint-Pierre de Chartres.

vue du choeur de Saint-Pierre de Chartres

Depuis 2010, le Centre international du vitrail de Chartres propose de redécouvrir ces vitraux de la Renaissance, dans une exposition désormais permanente. À l’occasion de la restauration des verrières de Saint-Pierre de Chartres, celles-ci ont en effet été déposées puis confiées au centre afin de mettre en valeur ce patrimoine oublié. Remaniés, transformés, ces vitraux ont fait l’objet d’une étude menée par Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux.

Arbre de Jessé, (provenant de Saint-Hilaire de Chartres?) vers 1540

Parmi eux, quelques magnifiques pièces comme cette partie supérieure d’un arbre de Jessé, réalisé vers 1530-1540. Il pourrait provenir de l’ancienne église Sainte-Hilaire, tout comme une série de panneaux illustrant la vie de la Vierge et aux similitudes stylistiques avec l’art de Jean Cousin, dont la présence à Chartres est attestée au début des années 1540.

Saint Michel combattant les anges, Jean Jouan, 1547, Saint-Aignan de Chartres

Une autre pièce remarquable par sa qualité d’exécution est celle réalisée par Jean Jouan en 1547, représentant saint Michel combattant les anges rebelles. Documentée par des sources d’archives, cette verrière témoigne d’emprunts ponctuels du peintre verrier aux gravures de l’Apocalypse de Dürer et de Jean Mignon. Maintes fois « restaurée », elle porte encore la trace d’ajouts et de bouche-trous modernes, toutefois elle a moins souffert que d’autres fragments, aujourd’hui noyés dans des recompositions disparates.

Fragments divers (tête du XVIe siècle)

Destinés à entrer dans les collections permanentes du Centre, ces vitraux sont désormais accessibles aux yeux de tous et permettent de redécouvrir « l’autre » patrimoine vitré de la ville de Chartres.

Vitraux de la Renaissance à Chartres, Centre International du Vitrail, 5 rue du Cardinal Pie, Chartres.

Voir l’ouvrage de F. Gatouillat et G-M. Leproux :

 

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