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Les trésors cachés d’Oxford

Depuis la fin du mois de septembre, la mythique bibliothèque d’Oxford – la Bodleian Library – expose ses trésors. Déjà au 17e siècle, lors de sa « restauration », sir Thomas Bodley désirait un cabinet à part pour les oeuvres les plus précieuses. Aujourd’hui elles sont présentées au public et ce jusqu’à fin décembre 2011.

Qu’est-ce qu’un trésor? Que fait la valeur de ces ouvrages? Cela peut être à la fois leur ancienneté, leur sujet, leur iconographie ou leur valeur historique. Ainsi les livres ou manuscrits exposés sont très variés, allant des découvertes de Marco Polo aux papyrus d’Herculanum en passant par des bestiaires.

La Bodleian conserve par exemple une Bible imprimée vers 1455, l’un des premiers tirages d’un certain Johann Gutenberg, dont il ne reste aujourd’hui qu’une cinquantaine d’exemplaires.

Bible, imprimée par Gutenberg, vers 1455

La bibliothèque anglaise propose également des ouvrages de médecine, parfois assez savoureux, comme ici l’évanouissement d’une femme et le traitement (radical) que lui administre – à distance et par un autre- le médecin. Il s’agit d’un manuscrit datant du 13e siècle : on peut noter la stylisation des traits, les yeux en amandes, les différentes échelles entre les personnages et des drapés droits, ne mettant que peu en valeur le corps et la physionomie.

Traité médical, 13e siècle

Parmi les trésors médiévaux conservés à Oxford, un exemplaire de la Magna Carta est exposé, témoin de l’Histoire anglaise : le 15 juin 1215, après une guerre civile marquée notamment par la prise de Londres, les barons anglais obligèrent le roi Jean sans terre à accepter une charte de 63 articles limitant le pouvoir royal et promulguant la liberté individuelle, empêchant ainsi les emprisonnement arbitraires, le fameux habeas corpus. Il garantit également les droits féodaux, les libertés des villes contre l’arbitraire royal et institue le contrôle de l’impôt par le Grand Conseil du Royaume.

Magna Carta, 1217

Il s’agit ici de l’un des 17 exemplaires datant d’avant les années 1300, celui-ci étant l’un des plus anciens, écrit en 1217 au nom du jeune roi Henri III et scellé par les sceaux du régent William Marshall et du légat pontifical le cardinal Guala.

Nous pourrions continuer longtemps à explorer les trésors de la bibliothèque d’Oxford : l’une des oeuvres les plus attachantes est ce manuscrit de l’Apocalypse, copié et illustré par une femme d’origine vénitienne, Maria, comme l’indique le colophon, en 1476. Le trait mal assuré de son ange buccinateur et la maladresse de la mise en page rende ce manuscrit assurément touchant!

Apocalypse, 1476

Enfin, nous terminerons cette sélection par un bestiaire des plus somptueux, réalisé au 13e siècle en Angleterre. Dans la première image présentée ici, un dragon étouffe un éléphant, son ennemi traditionnel, avec sa queue, tout comme Satan, guette les humains et les étouffe avec le péché.

The Ashmole Bestiary, 13e siècle,

Une autre miniature tirée de ce manuscrit représente un basilic – puissant serpent qui peut tuer un homme avec un seul regard – défait par une belette,  car Dieu donne un remède à tout.

The Ashmole Bestiary, 13e siècle

Le bestiaire est donc à la fois une sorte de catalogue, de répertoire d’animaux à la fois réels et fantastiques, accompagnés d’une notice moralisante remettant l’histoire même de l’animal dans un contexte religieux.

Si, dans cette mince sélection, nous nous sommes attachés aux oeuvres médiévales, l’exposition présente des pièces de toute époque, allant de la poésie antique aux télégrammes du Titanic, aussi passionnantes les unes que les autres. Et pour ceux qui n’auraient pas la chance de visiter l’emblématique bibliothèque universitaire, la Bodleian met en ligne une exposition virtuelle très complète, où chaque oeuvre peut être détaillée dans les moindres détails. On peut également écouter en podcasts les musiques, contes, poésies, pièces de théâtre et autres manuscrits (bibles, traités géométriques…), regarder les vidéos de présentation des différentes thématiques de ces trésors, consulter la carte géographique pour localiser ces derniers, ou encore explorer la timeline interactive. La richesse des collections et la dimension mythique de ce lieu chargé d’histoire font de cette exposition (GRATUITE)  l’un des évènements incontournables de cet hiver.

Treasures of the Bodleian, Bodleian Library, Université d’Oxford, du 30 septembre 2011 au 23 décembre 2011.

Sources : Bodleian Library 

 

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