Capture d’écran 2012-03-22 à 11.36.11 © 2012 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Nicolas de Leyde, sculpteur du XVe siècle – un regard moderne

À partir du 30 mars, le volet strasbourgeois de l’exposition consacrée au sculpteur Nicolas Gerhaert de Leyde ouvrira ses portes au musée de l’oeuvre Notre-Dame. Assez méconnu en raison du nombre réduit d’oeuvres conservées et du peu d’informations dont on dispose sur sa vie et sa carrière, Nicolas de Leyde est considéré comme l’un des artistes les plus importants de la fin du Moyen Âge.

Cet exposition présente une partie de l’œuvre sur bois et sur pierre de cet artiste, et réunit pour la première fois depuis le XIXe siècle les fragments du portail de la Chancellerie de Strasbourg. Auteur d’innovations décisives tant sur le plan formel qu’iconographique, Nicolas de Leyde est surtout connu pour la modernité de ses œuvres, marquées en particulier par sa capacité à saisir les physionomies. Il est surtout connu pour ses bustes sculptés, appuyés sur le rebord d’une baie. S’il n’est pas l’inventeur de ce thème iconographique, en revanche la saisissante véracité de ses figures ont fait son succès.

Buste d'homme,1463 , ©Musée de l'oeuvre Notre-Dame, Strasbourg

Nicolas, comme son nom l’indique, est sans doute né à Leyden en Flandres. Il signe parfois ses oeuvres Nicolas Gerhaert, du nom de son père. Il est signalé pour la première fois en 1462 où il signe un monument à Trêves, s’installe pour quelques années à Strasbourg et meurt à Vienne en 1473 où il avait été appelé au service de l’Empereur Frédéric III. Seules onze de ses oeuvres sont authentifiées et documentées. Parmi elles, le tombeau de l’archevêque Jacob von Sierck de Trêves est le premier à fournir une date (1462) et la signature « nicolas(us).gerardi.de.leyd(en) ».

Tête de sybille, fragment du portail de la Chancellerie de Strasbourg, 1463 © Francfort, Liebieghaus Skulpturensammlung.

Ensuite c’est à Strasbourg qu’on retrouve sa trace, où il est sollicité pour le portail de la Chancellerie en 1463, dont il ne reste que deux fragments réunis ici : une Tête de Sybille du musée du Liebieghaus Skulpturensammlung de Francfort et son pendant la Tête d’homme barbu ou Prophète du Musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg.

Tête d'homme au turban, fragment du portail de la chancellerie de Strasbourg, 1463 ©Musée de l'oeuvre Notre-Dame, Strasbourg

Parmi les oeuvres les plus connues de Nicolas de Leyde se trouve le fameux buste d’homme accoudé, à l’attitude mélancolique, ou encore l’épitaphe du chanoine Conrad de Bussnang, signé et daté (1464).

Epitaphe du chanoine Conrad de Bussnang, 1464, cathédrale de Strasbourg

Cette exposition (à Francfort puis Strasbourg) s’est donnée pour objectif de rassembler le plus grand nombre possible des œuvres assurées (et déplaçables) de Nicolas de Leyde ainsi que des sculptures sur bois et sur pierre qui lui sont attribuées, en confrontant les hypothèses de la recherche récente ou plus ancienne. Il s’agit de la première monographie dédiée à l’artiste et a pu faire évoluer son catalogue, avec l’attribution de deux autres pièces sculptées. L’influence de Nicolas de Leyde est surtout perceptible dans le monde germanique, et le musée de l’oeuvre Notre-Dame met en lumière ses « suiveurs », rassemblant ainsi une collection de près de 70 oeuvres autour de celui qui fut, dès le XVe siècle, considéré comme l’un des plus grands sculpteurs de son temps.

Voir le site de l’exposition.

One Comment

  1. Спасибо за интересные статьи музейные экспонаты, у ВАС всегда всё интересно.

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