Bourdichon vignette © 2011 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Panneaux de la fin du Moyen Âge à New York

Jean Bourdichon est décidément à l’honneur en cette rentrée 2011 : après avoir tenu le haut de l’affiche au Louvre lors de l’exposition Enluminures du Moyen Age et de la Renaissance, le peintre des rois Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier sera bientôt mis à l’honneur chez l’antiquaire londonien Sam Fogg. À partir du 4 novembre, celui-ci exposera une sélection de panneaux peints de la fin du Moyen Age à New York, vraisemblablement chez son confrère Richard Feigen.

Trinité souffrante - 1479

Le premier de ces panneaux provient du maître des études de draperies, plus connu comme étant le maître des rondels de Coburg. Il doit son nom à deux esquisses de rondels ainsi qu’à son goût pour les draperies, particulièrement mises en avant dans ses dessins dont on conserve un grand nombre notamment au Met, comme ce Christ au jardin des Oliviers.

Jésus au jardin des Oliviers, Metropolitan Museum of Art, New York. vers 1470-1500

Actif à Strasbourg dans la seconde moitié du XVe siècle, certains de ses dessins présentent des similarités avec un atelier de peinture sur verre de la ville, actif autour de 1460, avec lequel il aurait pu collaborer comme cartonnier. Il fut également l’auteur d’un cycle de la Passion comprenant une dizaine de panneaux provenant d’une église de Strasbourg : son oeuvre très vaste s’enrichit encore aujourd’hui avec cette Trinité souffrante entourée de la Vierge, de saints et du donateur sans doute destinée à quelque église de la ville.

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Torture des frères macchabées, par le maître de la sainte parenté, vers 1515

Le second panneau mis en vente par Sam Fogg provient du maître de la sainte parenté, artiste allemand dont la principale oeuvre fut le retable éponyme aujourd’hui conservé à Cologne où il fut actif de 1475 à 1515 environ. Ce panneau frappe par les nuances vives de rouge – rose, présentes également dans une autre de ses oeuvres mais de façon beaucoup plus sourde.

Adoration des mages, Metropolitan Museum of New York

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Le panneau suivant est attribué au maître du retable de Rheinfelden, artiste suisse.

Nativité, vers 1480. Maître du retable de Rheinfelden.

Je n’ai trouvé que peu de renseignements sur cet artiste : visiblement certains panneaux de ce retable datant de 1455 sont conservés au musée des Beaux-Arts de Dijon. L’oeuvre proposée par Sam Fogg est bien plus tardive : vers 1480 et aurait pu avoir été réalisée vers Zurich. On y retrouve cette même volonté de ciseler le fond doré en arrière plan.

Baptême du Christ, vers 1455. Issu du retable de Rheinfelden. Dijon, Musée des Beaux-Arts.

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Le prochain panneau est de la main du maître du retable de Burg Weiler représentant les martyrs de la légion thébaine.

Martyrs de la légion thébaine, vers 1480.

Cet artiste allemand, originaire sans doute du Nordwürttemberg, tire son nom de son oeuvre principale : le triptyque de Burg Weiler conservé au Met, datant des années 1470. Déjà, le maître y traitait du massacre de la légion thébaine à Agaune au revers du retable.

Saint Theodule et les martyrs de la légion thébaine, vers 1470. Retable de Burg Weiler, Metropolitan Museum of Art.

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Sam Fogg nous emmène ensuite en Espagne, avec ce Christ aux douleurs de Juan Ximenez, artiste castillan, datant des premières années du XVIe siècle.

Christ aux douleurs, Juan Ximenez, Castille, vers 1500-1510

Il s’agit en réalité d’un triptyque autour duquel le Christ est entouré de la Vierge et de saint Jean, oeuvre signée ce qui ne laisse aucun doute quant à son authentification.

Triptyque - Juan Ximenez. Castille, vers 1500-1510.

Cet artiste espagnol travaillait visiblement au sein d’un atelier familial : ce saint Michel fut en effet réalisé en collaboration avec Miguel Ximenez, actif dans la seconde moitié du XVe siècle.

saint Michel, retable de Tamarite de Litera, vers 1500-1503. Philadelphie Museum of Art.

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Enfin le clou de cette exposition est un panneau de Jean Bourdichon représentant la Vierge en prière, peinte vers 1480.

Vierge en prière, par Jean Bourdichon vers 1480.

 Marie ressemble tant à ses multiples homologues présentes dans les enluminures du maître que l’attribution ne fait aucun doute. Datée des années 1480, elle appartiendrait aux premières années d’activité (connue) de l’artiste et ferait partie de ses oeuvres de jeunesse. Cette Vierge serait également l’un des rares panneaux conservés de Bourdichon, dont l’activité enluminée est beaucoup mieux documentée. N’étant pas une spécialiste du peintre royal, j’attends avec impatience la sortie du catalogue de Sam Fogg afin de découvrir la provenance de cette oeuvre.

Vierge en prière, par Jean Bourdichon. Paris, Musée de Cluny

2 Comments

  1. Digged google 30 mins, findally i get it, thanks!

  2. Tina

    Thanks for the share! Very useful info!

3 Trackbacks

  1. By à venir en 2012 | On dit médiéval, pas moyenâgeux ! 3 janvier 2012 at 12 h 56 min

  2. By Peter Hemmel, peintre de panneaux? | On dit médiéval, pas moyenâgeux ! 8 février 2012 at 11 h 27 min

  3. By Évènement : TEFAF 2012 - l'art médiéval au premier plan | On dit médiéval, pas moyenâgeux ! 2 mars 2012 at 6 h 21 min

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