Autoportrait à l'hermine, Dürer, 1500 © 2012 Caroline Blondeau. All rights reserved.

Polémique autour de l’exposition Dürer à Nuremberg

Albrecht Dürer est décidément au coeur de l’actualité : après la conférence à l’INHA sur la tête de femme des collections de la BnF, deux expositions majeures se préparent sur le maître. Plus généraliste, la première aura lieu au Met à partir du mois d’avril et proposera une rétrospective des dessins d’Europe centrale conservés au musée, dont ceux de Dürer comme cet « autoportrait à l’oreiller » : Dürer and beyond – central Europe drawings in the Metropolitan museum of Art.

Albrecht Dürer, Autoportrait, étude de main et d'oreiller, 1493

Mais c’est surtout la seconde exposition qui fait, en ce moment, parler d’elle : le Germanisches nationalmuseum de Nuremberg essaie de rassembler les oeuvres de l’artiste pour son exposition The early Dürer. Mais l’ancienne Alte Pinakothek de Munich refuse de lui prêter le fameux autoportrait à la fourrure sous prétexte d’une trop grande fragilité de l’oeuvre. Vieux de 500 ans, celui-ci fait partie des tableaux interdits au prêt. De plus, son statut emblématique pour la Pinacothèque, qui en fait l’emblème de ses collections, freine la bonne volonté du musée bavarois.

Autoportrait à la fourrure, Dürer, 1500

Il n’est d’ailleurs pas le seul à refuser : à Dresde, la galerie des  maîtres anciens ne prêtera pas non plus les oeuvres de Dürer qu’elle possède. Il s’agissait a priori de la Vierge aux sept douleurs (dont le panneau central est d’ailleurs conservé à Munich), polyptyque commandé par le grand Électeur de Saxe Frédéric le Sage autour de 1500.

Vierge aux sept douleurs, Dürer, 1496-1497

Le musée de Dresde conserve un autre portrait de Dürer, celui de Bernhard van Rheesen, peint en 1521, sans que nous sachions s’il est concerné lui aussi par l’exposition de Nuremberg.

portrait de Bernhard van Reesen, Dürer, 1521.

À l’heure actuelle, cette histoire fait grand bruit malgré les déclarations du président de l’union des musées allemand, estimant que ce sont des aléas tout à fait banals de la préparation d’une exposition. Alors que le Louvre et d’autres musées internationaux ont déjà accepté de prêter leurs collections, les institutions germaniques n’arrivent pas à s’entendre pour ce qui devrait être « la plus grande exposition allemande sur Dürer depuis 40 ans ».

Sources : AMA, Met, Germanisches Nationalmuseum.

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  1. By Le jeune Albrecht Dürer | On dit médiéval, pas moyenâgeux ! 24 mai 2012 at 11 h 03 min

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