Tête de Senlis, XIIIe siècle, Musée d'art et d'archéologie de Senlis © 2012 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Réouverture du Musée d’art et d’archéologie de Senlis

Après plusieurs années de rénovation, le Musée d’art et d’archéologie de Senlis rouvre enfin ses portes au public. Situé dans l’ancien palais épiscopal, le bâtiment médiéval avait besoin d’urgentes réparations structurelles et d’aménagements. La « maison de l’évêque », mentionnée pour la première fois en 1120, fut construite contre l’ancien rempart gallo-romain. Elle a depuis, subi de nombreuses transformations entre agrandissements successifs et démolitions. Résidence des archevêques puis tribunal, ce n’est qu’en 1981 que le palais accueille les collections d’art et d’archéologie de la ville.

Voûtes d’ogives du XIVe siècle

Ceux qui ont déjà eu la chance de se promener à Senlis savent que la ville regorge de vestiges médiévaux. Le musée d’art et d’archéologie ne fait pas exception et abrite de nombreuses pièces, issues notamment des anciennes églises de la ville, comme cette magnifique tête d’homme. Cette figure au visage allongé et à la longue barbe a été sculptée au XIIIe siècle et devait provenir du programme de l’ancienne église Saint-Rieul.

Tête de Senlis, XIIIe siècle, Musée d’art et d’archéologie de Senlis

Parmi les autres pièces, cette Vierge à l’Enfant se démarque par la qualité de son exécution. Sculptée en marbre, elle présente toutes les caractéristiques de l’art parisien autour de la première moitié du XIVe siècle. Probablement issue d’un atelier de la capitale au début du XIVe siècle, elle pourrait provenir de l’église de l’ancienne abbaye de la Victoire, aujourd’hui en ruines.

Vierge à l’Enfant, dite Vierge de la Victoire, 2e quart du XIVe siècle, Musée d’art et d’archéologie de Senlis

Le décor religieux est un élément majeur des collections du musée : cette petite pièce dorée et polychrome représentant un cavalier faisait partie d’un retable rassemblant près de 25 pièces, conservées à Senlis. Leur style caricatural indique une réalisation anversoise, dont la production avait beaucoup de succès à la fin du Moyen Âge.

Cavalier du retable d’Anvers, vers 1520, Musée d’art et d’archéologie de Senlis

Des objets liturgiques font également partie du parcours muséal, notamment la fameuse crosse du chancelier Guérin, évêque de Senlis au XIIIe siècle. Découverte en 1865 lors des fouilles de l’abbaye de Chaalis, elle provient d’une des 12 tombes des évêques de Senlis enterrés dans la nef de l’abbatiale. Identifiée comme propriété de Guérin, en réalité cette attribution semble plus que douteuse. Cela n’enlève rien à la qualité d’exécution de cette crosse, réalisée dans le 2e quart du XIIe siècle par un atelier limousin.

Crosse dite « du chancelier Guérin », XIIe siècle, Musée d’art et d’archéologie de Senlis

Enfin nous terminerons ce petit tour d’horizon des trésors senlisois par un objet exceptionnel. Lors des fouilles réalisés à Saint-Pierre de Senlis en 1978, on déposa le linteau du portail. Or, au revers de celui-ci, se dévoilait une scène sculptée représentant un laboureur et sa charrue, manifestement antérieurs.

Dalle funéraire, XIIIe siècle, Musée d’art et d’archéologie de Senlis

Réalisé au XIIIe siècle, cette dalle funéraire possède une grande valeur par la rareté de son iconographie. Elle montre un paysan, le visage couvert d’un capuchon, tenant des deux mains les hanses de sa charrue sculptée au compas à pointe sèche. Si le corps (sans jambe) du paysan est de face, son visage en revanche est de profil. Ce relief a sans doute été réutilisé lors des campagnes de remaniements de l’édifice aux XVe et XVIe siècles.

Enrichi par les nombreuses fouilles locales, le Musée d’art et d’archéologie de Senlis permet de compléter la visite de la ville en découvrant les vestiges de nombreux édifices aujourd’hui perdus. Seule l’aile Renaissance n’est pas encore accessible à nouveau, mais ouvrira ses portes en octobre 2012.

2 Comments

  1. Magali

    Merci pour cet article sur la réouverture du musée de Senlis, c’est l’évènement après ces années d’attente…

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