Capture d’écran 2012-01-19 à 11.19.26 © 2012 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Sculpture médiévale – BRAFA 2012

Nous continuons ce panorama des salons d’antiquaires avec la BRuxelles Antiques and Fine Arts fair, qui se tiendra ce week end dans la capitale belge. Cette année, le support privilégié est définitivement la sculpture!

Trône de miséricorde, vers 1500

Parmi les plus belles pièces, ce trône de miséricorde exposé par Jan Muller : Dieu le Père tenant le corps du Christ supplicié. Sculpté dans du bois de noyer, il conserve encore sa polychromie d’origine. On peut remarquer les traces d’attaches en partie supérieure : cette sculpture devait faire partie d’un ensemble plus vaste, comme l’indique également la coupure nette (sciée) au niveau des pieds du Christ. Un détail des visages permet d’apprécier la physionomie très détaillée des figures, et une expressivité assez poussée notamment pour Dieu le Père. Cette oeuvre a été réalisée autour de 1500 dans la région du Brabant.

Passons ensuite à une Vierge à l’Enfant allemande, réalisée à Cologne autour de 1270-1280, exposée par l’antiquaire Elmar Robert.

Vierge à l'Enfant, Cologne, vers 1270-1280

Cette statue en ronde-bosse a été amputée de tous ses bras, mais conserve des traces de polychromie. La Vierge, parée dans un manteau pourpre, tient l’Enfant qui se tient debout, dans une tunique verte qui a gardé son éclat (d’origine?). Une très grande douceur caractérise les visages.

Vierge à l'Enfant (détail), fin XIIIe siècle

Toujours dans la même galerie, voici une Vierge à l’Enfant française, provenant de Champagne et sculptée aux alentours de 1400.

Vierge à l'Enfant, Champagne, 1400

Marie est ici beaucoup plus individualisée : pommettes saillantes, yeux bridés, un large sourire qui éclaire le visage. Ses cheveux sont ciselés dans la pierre en un motif très stylisé, sinueux. Sculptée dans du calcaire, elle présente également de nombreuses traces de polychromie.

Cavaliers, XVe s, Brabant

Passons à un autre exposant, Hedwidge Muller, qui propose une pièce de retable représentant deux hommes à cheval montant au Golgotha. La composition très ramassée laisse effectivement imaginer que cette sculpture prenait place au sein d’un ensemble plus vaste, sans doute un retable sculpté. Les nombreux plis cassés de la tunique du premier cavalier témoignent d’une réalisation au XVe siècle, qu’H. Muller situe dans la région du Brabant.

Sainte Barbe, vers 1510, Daniel Mauch

Rainer Jungbauer expose quant à lui une sculpture attribuée à Daniel Mauch, cet artiste originaire de Souabe, dont l’activité est documentée de 1508 à 1540. Sainte Barbe a été sculptée dans du bois de tilleul, peint et doré : il s’agirait ici d’une de ses premières oeuvres. C’est ce que je pensais naïvement jusqu’à ce qu’on vienne me faire remarquer que son travail était plus proche de l’art de Niklaus Weckmann, d’Ulm (merci à Gábor Endrődi ! ).

Enfin nous terminons cette sélection avec cette ravissante Vierge à l’Enfant, en albâtre, présentée par l’antiquaire De Backker.

Vierge à l'Enfant, vers 1450

Sculptée au milieu du XVe siècle, elle proviendrait du nord de la France ou des Pays-Bas méridionaux. Si Marie semble impassible sur son trône gothique, en revanche Jésus, lui, bouge et sa mère retient son pied afin qu’il reste assis : l’artiste a voulu représenter une scène prise sur le vif.

L’art gothique tient une place majeure au sein des oeuvres exposées cette année à la BRAFA. Mise à part la sculpture, seul un panneau peint des années 1500 (dont nous avions parlé lors de la PAN Amsterdam) est présent, ainsi qu’une magnifique croix orfévrée qui clôturera demain ce volet sur les deux grands salons de ce week end.

 

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