Krak des chevaliers © 2013 Caroline Blondeau-Morizot. All rights reserved.

Syrie – patrimoine en péril

Alors que la question d’une intervention en Syrie est au coeur de l’actualité, le patrimoine syrien fait lui aussi les gros titres. Ces derniers mois, six sites déjà classés au patrimoine mondial de l’UNESCO sont passés sur la liste du patrimoine en péril. Alors que la communauté assiste, impuissante, à la destruction de l’un des héritages les plus riches du Moyen-Orient, de nombreuses voix s’élèvent afin de témoigner et de protester.

Tous les sites menacés ont déjà subi d’irréversibles dommages : les photos du directeur des musées et des antiquités syriennes le Dr. Maamoun Abdulkarim sont sans appel.
La ville d’Alep est particulièrement touchée : la vieille ville et notamment la citadelle du XIIe siècle, qui abrite les vestiges de mosquées, de palais et de thermes et témoigne de la puissance arabe de l’époque. En 2012, celle-ci est touchée par un obus puis par un incendie qui se propage aux souks. La mosquée des Omeyyades, du XIIIe siècle, est aujourd’hui pratiquement dévastée. La plus grande mosquée de la ville a souffert des multiples bombardements et des combats.

Mosquée des Omeyyades, Alep © UNESCO / Professor Maamoun Abdul Karim,
Mosquée des Omeyyades, Alep © UNESCO / Professor Maamoun Abdul Karim,

La citadelle médiévale d’al Madiq, près des ruines d’Apamée, a elle aussi particulièrement souffert. Ce site a été bombardé à maintes reprises après avoir servi d’abri aux rebelles. Aujourd’hui, plusieurs pans de la muraille du XIIe siècle se sont effondrés.

D’autres villes abritant de riches vestiges antiques et médiévaux font aussi partie de cette liste alarmante : les vieilles villes de Damas, Bosra, le site de Palmyre, la citadelle aménagée par les croisés de Qal’at Salah El-Din mais surtout Homs et le célèbre Krak des chevaliers.
Construite par les hospitaliers entre 1142 et 1271, cette forteresse est considérée comme l’un des vestiges les mieux conservés de l’architecture des croisades. Pendant le conflit, les rebelles se sont retranchés entre ses murs qui ont servi de cible aux tirs de mortiers et aux avions des forces de Bachar El Assad . De nombreuses vidéos témoignent des dommages causés par ces tirs : si les murs semblent résister, les plafonds et l’intérieur du fameux château fortifié s’écroulent peu à peu.

Autre constat tout à fait préoccupant : le trafic des pièces archéologiques. Les musées ont subi, au cours des combats, de multiples vols. Néanmoins ces oeuvres, cataloguées et référencées, inquiètent moins (si l’on peut dire) les autorités que celles issues de fouilles clandestines, non répertoriées et qui font l’objet d’un véritable commerce souterrain.

Que va-t-il rester de cet incroyable patrimoine? La question reste en suspens. La directrice de l’UNESCO Irina Bokova a, il y a quelques jours, multiplié les appels afin de sensibiliser les différents acteurs du conflit syrien. Un comité s’est rassemblé afin d’étudier les différentes possibilités et tous les recours possibles, néanmoins on ne peut qu’être pessimiste devant l’ampleur des dégâts.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.
Required fields are marked:*

*