©S.J. Philipps

Tous mécènes : le livre d’heures de François Ier

Le musée du Louvre a lancé en octobre sa 8e campagne d’appel aux dons « Tous mécènes ». Il s’agit d’acquérir le livre d’heures de François Ier, actuellement présenté au sein de l’exposition « François Ier et les artistes du nord ». Ce manuscrit de petit format est orné d’un cycle de 16 miniatures pleine page dont les auteurs ne sont pas identifiés. L’intérêt principal de l’oeuvre réside dans la reliure orfévrée, enrichie de pierres précieuses et de deux grandes plaques de cornalines gravées en intaille.

Christ en croix entouré de saint François et de saint Jérôme. Livre d’heures de François Ier (couverture), ©S.J. Philips
Vierge à l’Enfant entourée de sainte Barbe et de sainte Catherine. Livre d’heures de François ier (dos) ©S.J. Philips.

Le livre est accompagné de son « marque page » représentant une flagellation du Christ taillée dans une agathe. Son style « néo-ottoman » se rapproche de celui de la reliure du livre d’heures et a manifestement été créé en même temps. Les deux pièces ont été peu restaurées et sont aujourd’hui conservées dans leur état quasi originel; il faut toutefois déplorer la disparition d’émaux en basse taille au revers de la reliure ouvragée.

Saint Jean rédigeant son évangile à Patmos, Livre d’heures de François Ier ©S.J. Philips

Ce manuscrit a été créé en 1532 : il ne s’agit pas d’une commande spécifique comme en témoigne l’absence de marque héraldique à l’intérieur du décor enluminé. François Ier s’en portera acquéreur en 1538 auprès du marchand-joallier Allart Plommyer. Il apparaît à cette date dans les dépenses du roi sous la forme suivante : « Ung livre d’heures escript en parchemin enrichy de rubis et turquoises couvert de deux grandes cornalynes et garny d’un rubis fermant à la fermeture d’Icelleluy ». Il offrira l’ouvrage à sa nièce Jeanne d’Albret, qui le lèguera à son fils Henri IV. La femme de ce dernier, Catherine de Médicis, en prend possession puis s’en sépare au profit des collections du cardinal Mazarin. Au début du XVIIIe siècle, on identifie le livre en Angleterre, chez le médecin du roi Richard Mead; à la mort de ce dernier, le collectionneur Horace Walpole en fait l’acquisition (les miniatures sont alors attribuées… à Raphäel). Le manuscrit passe ensuite entre les mains d’Alfred de Rothschild et de sa famille. En 1942, il est acheté par Martin Norton, son dernier propriétaire avant, on l’espère, le musée du Louvre.

L’oeuvre, déclarée « d’intérêt patrimonial majeur » fait l’objet d’une campagne de mécénat afin de réunir 1 million d’euros. Pour l’instant, 69% de l’objectif ont été réunis : il reste encore aux futurs donateurs quelques mois avant que l’oeuvre ne passe en vente. Le million collecté s’ajoutera aux 5 millions donnés par LVMH, complétés par diverses opérations de mécénat et un éventuel complément du Louvre.

Une fois acquise, l’oeuvre fera l’objet d’une publication : il est toutefois possible d’en admirer la réalisation sur le site tous mécènes. Le manuscrit et son marque page étant par ailleurs exposés actuellement, il est surtout vivement conseillé d’aller le contempler in situ.

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