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Un ivoire byzantin du XIIIe siècle entre au Louvre

Il y a quelques jours, l’Etat a fait l’acquisition, pour le Louvre, d’un diptyque byzantin en ivoire du XIIIe siècle. Composée de deux volets, cette oeuvre représente 18 prophètes répartis sur trois registres et en partie sommitale, abritées sous un petit arc en plein cintre :les scènes de la Nativité et de la Crucifixion. Au revers se tient une grande croix encadrée par un rinceau.

L’origine byzantine de cette oeuvre ne fait aucun doute. Tout autour des volets, court une inscription grecque en vers, obtenue en relief. Appelant la protection divine sur le commanditaire, elle éclaire le sens général des images : comme un « tonnerre retentissant », les « paroles des prophètes s’accomplissent » dans les deux mystères de l’Incarnation et du sacrifice rédempteur du Christ sur la croix.

Diptyque byzantin en ivoire, XIIIe siècle ©Louvre, Thierry Ollivier
Diptyque byzantin en ivoire, XIIIe siècle ©Louvre, Thierry Ollivier

L’iconographie appartient également à la tradition byzantine qui combine plusieurs éléments narratifs : la Vierge allongée sur sa couche, l’Enfant dans la mangeoire, veillé par l’âne et le bœuf, le bain de l’Enfant, l’Annonce aux bergers, Joseph méditant. La Crucifixion, de son côté, offre un discours plus laconique : le Christ en croix, la Vierge et saint Jean entourés des paroles du Christ sur la croix : « Voici ta mère ; voici ton fils ».

Ce diptyque s’apparente à un groupe restreint d’oeuvres aux caractéristiques semblables, issues probablement d’un atelier de Constantinople. Ils auraient été réalisés soit pendant la domination latine (dans la première moitié du XIIIe siècle), soit au lendemain de la reconquête de son empire par Michel VIII Paléologue. L’analyse stylistique révèle une maîtrise des modèles de l’art roman occidental qui se sont diffusés en Orient avec les croisades au XIIe siècle.

Ce diptyque constitue un jalon essentiel et spectaculaire pour comprendre les profondes mutations de l’art byzantin au XIIIe siècle et rejoint l’une des plus belle (et méconnue) collection d’ivoires byzantins.

Revers du diptyque ©Louvre / Thierry Ollivier
Revers du diptyque ©Louvre / Thierry Ollivier

3 Comments

  1. merci pour l’info
    beaux clichés
    A bientôt
    JA

  2. Alex

    Il s’agit de Michel VIII Paléologue et non Michel VI, qui n’appartient pas à la dynastie puisque il règne en 1056-1057 (il me semble avoir vu la même erreur dans le communiqué de presse)

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