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Venise et la Renaissance – 1400-1515

Aujourd’hui s’ouvre l’exposition du Met sur l’art de la Renaissance à Venise : le musée met ainsi en lumière ses collections riches de nombreuses oeuvres vénitiennes, réalisées entre 1400 et 1515. Durant cette période, l’art vénitien amorça sa transition entre le gothique et l’introduction du vocabulaire formel de la Renaissance florentine et padouane. Ainsi, ce sont plus de 50 peintures et dessins conservées dans les départements du Met qui sont exposés jusqu’en février 2012.

Méditation sur la Passion, Vittore Carpaccio vers 1510.

Deux grandes dynasties d’artistes se détachent du panorama vénitien : les Bellini et les Vivarini, à la tête des ateliers les plus actifs de Venise. Chacun va adopter à sa façon, et réagir face aux formes de la Renaissance.

Giovanni Bellini, formé dans l’atelier paternel, y sera confronté via le milieu padouan grâce à son beau-frère Andrea Mantegna. Son art tranche avec la peinture gothique alors en vigueur à Venise, et dont son père lui-même faisait usage. Il s’attache à la rigueur géométrique de la perspective, et dans ses scènes ne fait pas la différence entre monde sacré et profane (comme le montre également le tableau de Carpaccio ci-dessus, où saint Jérôme et Job sont représentés sur le même plan que le Christ supplicié). L’art de Bellini sera longtemps redevable à celui de Mantegna, comme dans cette Vierge à l’Enfant où le paysage lointain n’est pas sans rappeler les arrières-plan de son beau-frère.

Vierge adorant l'Enfant endormi, Giovanni Bellini vers 1460

Progressivement, le coloris s’accentue et le peintre intègre des paysages réalistes : on peut reconnaître derrière la deuxième Vierge à l’Enfant (un thème qu’il privilégiera tout au long de sa carrière) la campagne de Vénétie.

Vierge à l'Enfant, Giovanni Bellini, vers 1470.

Parallèlement à ce courant padouan, la famille des Vivarini côtoie et adapte le vocabulaire renaissant dans la lagune via le milieu florentin. La venue de Masolino, d’Uccello puis d’Andrea del Castagno ouvrent la vision picturale d’Antonio Vivarini. Autour des années 1440, il travaille avec son beau-frère Giovanni d’Alemagna pour des retables dans lesquels il n’abandonne pas l’esprit gothique et ses fonds d’or, mais il s’attache à unifier l’espace comme dans ce panneau de retable initialement dédié à saint Pierre martyr, dont le Met conserve un fragment.

Saint Pierre Martyr guérissant la jambe d'un jeune homme, Antonio Vivarini, vers 1450.

À partir des années 1450, il s’associe avec son frère Bartolomeo, dont l’art est influencé par la personnalité d’Andre Mantegna. Ainsi le frère cadet va dépasser les formules d’Antonio, notamment par l’introduction de la perspective. Celui-ci formera son neveu Alvise, le fils d’Antonio, perdurant ainsi l’art familial au sein de Venise.

Retable de la Vierge, Bartolomeo Vivarini, vers 1465.

Si ces artistes s’attachèrent à des mouvements préexistants, ils les adaptèrent à leur façon, en créant une manière propre au style vénitien. Leurs oeuvres sont ainsi faites de compositions et de formats mettant en valeur la promiscuité des personnages et la communion spirituelle des figures représentées, comme entre celles-ci et le visiteur.

Vierge à l'Enfant, Vittore Crivelli vers 1480.

Le Met propose au visiteur un large panorama de la Renaissance vénitienne, déclinée à travers les nombreuses peintures et dessins qu’il conserve, provenant des divers départements du musée.

Art in Renaissance Venice, 1400-1515, Metropolitan Museum of Art, New York. Du 8 novembre 2011 au 5 février 2012.

Source : Met.

3 Comments

  1. Nathalie

    Genial, Merci beaucoup C’est tres utile pour la Newyorkaise que je suis.
    Je vais le partager avec mes amies d’ici.

One Trackback

  1. By Dessins vénitiens à la Morgan Library - New York | On dit médiéval, pas moyenâgeux ! 18 mai 2012 at 17 h 11 min

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